La dépression masquée

La dépression masquée, également appelée « dépression souriante », est une forme de dépression dans laquelle une personne peut sembler heureuse ou satisfaite de sa vie, tout en souffrant intensément à l’intérieur.

Les symptômes classiques d’un état dépressif , tristesse, désintérêt pour les activités quotidiennes , sont soigneusement dissimulés. Ces personnes peuvent rendre leur état d’âme totalement invisible derrière un masque social.

Cette dissimulation est souvent liée à la peur de la stigmatisation entourant les troubles mentaux.

La dépression masquée est particulièrement difficile à diagnostiquer, car l’individu ne laisse transparaître que peu, voire aucun, de ses symptômes auprès de ses proches. Il peut même ignorer lui-même son état, ou se trouver dans un déni.

Cet article présente les symptômes, les causes et les options thérapeutiques pour faire face à ce trouble.

C'était le résumé de ce que nous allons voir dans cet article 

en bref

  •  La dépression masquée, aussi appelée dépression souriante, est une forme particulière de dépression.

  • La personne peut paraître heureuse ou épanouie aux yeux des autres.

  •  Cette apparence contraste avec une souffrance psychique intense.

  • Les symptômes dépressifs sont dissimulés derrière un comportement positif.

  • Cette forme de dépression est difficile à identifier et nécessite une vigilance particulière.

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Les causes de la dépression masquée

La dépression masquée est déclenchée par les mêmes causes que les autres formes de dépression : une combinaison de facteurs génétiques, biologiques, environnementaux et psychosociaux.

Plusieurs éléments peuvent contribuer à son développement :

  • des antécédents familiaux de dépression ;
  • des troubles de la personnalité ;
  • l’abus d’alcool ou de substances ;
  • un stress important ou un traumatisme ;
  • une fragilité émotionnelle liée à l’éducation ou aux expériences de vie.

Les causes génétiques et héréditaires

Les études sur la transmission génétique des troubles mentaux sont toujours en cours. Les recherches actuelles indiquent une prédisposition génétique à la dépression, sans qu’un gène unique ait été identifié , plusieurs gènes seraient en cause.

Un enfant reçoit 50 % de ses gènes de chacun de ses parents : les risques de dépression sont donc augmentés si les deux parents en ont souffert.

Avoir une prédisposition génétique ne signifie pas pour autant développer une dépression : le risque de transmission est évalué à environ 30 %. Son déclenchement dépend aussi de l’environnement et des expériences de vie.

L’hérédité englobe deux aspects :

  • la transmission génétique (les gènes hérités) ;
  • la transmission des modèles comportementaux familiaux (les attitudes observées et reproduites).

Autrement dit, même sans vulnérabilité génétique, le comportement dépressif des parents peut influencer l’enfant et favoriser, plus tard, l’apparition d’un état dépressif.

Diagnostic médical d'une dépression.

Les causes biologiques du trouble de l’humeur

L’ADN est présent dans chaque cellule de notre corps : il orchestre le développement et le fonctionnement de l’organisme.

Une partie de nos neurones, situés dans le système limbique, régule notre humeur grâce à des molécules chimiques appelées neurotransmetteurs.

Ces neurones produisent trois monoamines essentielles qui influencent notre moral :

  • la dopamine : associée au plaisir et à la motivation ;
  • la sérotonine : impliquée dans la régulation de l’humeur (souvent appelée « hormone du bonheur ») ;
  • la noradrénaline : qui favorise la vigilance, l’attention et l’estime de soi.

En cas de dépression, la production de ces neurotransmetteurs est perturbée. L’organisme ne les sécrète plus normalement, ce qui entraîne un déséquilibre de l’humeur.

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Les causes environnementales et psychologiques

La dimension psychologique englobe la manière dont un individu gère le stress, ainsi que sa personnalité. Dès la naissance, chacun rencontre des situations stressantes et développe des réactions émotionnelles basées sur ses pensées et ses comportements.

Ces confrontations répétées au stress, combinées à la manière de réagir, forgent progressivement la personnalité. Au fil du temps, l’individu intègre dans son inconscient des réactions automatiques (pensées, comportements, émotions) issues de ses vécus et de son éducation.

Si l’enfant a traversé des situations de souffrance, son psychisme a pu adopter des mécanismes de défense pour atténuer la douleur.

La manière dont la personnalité s’est construite forge nos forces comme nos failles : selon notre capacité à faire face aux situations stressantes, l’impact émotionnel des facteurs environnementaux sera atténué ou amplifié.

Bien que la génétique influence la personnalité initiale, les expériences de vie modèlent également notre caractère. Elles influencent notre réaction face aux situations traumatiques, et c’est cette capacité d’adaptation qui rendra l’individu plus ou moins vulnérable à la dépression.

Les symptômes de la dépression masquée

Cet état dépressif se manifeste par des symptômes à la fois physiques et psychologiques. Le plus souvent, ce sont les douleurs physiques qui poussent le patient à consulter son médecin généraliste.

En cas de somatisations, ces douleurs résistent aux traitements classiques, car leur cause sous-jacente est psychologique. Il devient alors nécessaire de consulter un psychiatre pour trouver une approche adaptée et apaiser la souffrance psychique.

Une femme atteinte d'une dépression est assise seule sur une marche

Les symptômes physiques

Les manifestations physiques varient selon les personnes. Voici les plus fréquentes :

  • Des douleurs chroniques telles que des maux de dos, maux de tête (céphalées), des douleurs ou tensions musculaires, maux de ventre, etc.
  • Des troubles du sommeil avec des difficultés à s’endormir ou à rester endormi (insomnie).
  • Des troubles de l’appétit associé à une perte ou prise de poids.

  • Une fatigue et un manque d’énergie constant, le sommeil n’est pas réparateur.
  • Des troubles digestifs tels que de la constipation, des diarrhées, des douleurs abdominales, des nausées.
  • Une baisse de la libido avec une diminution de l’intérêt pour le plaisir et les activités sexuelles.
  • Des symptômes cardiovasculaires : tachycardie, palpitations, sensation d’oppression, douleur dans la poitrine, tension artérielle.

Le corps des personnes en dépression « parle », il peut manifester son mal-être psychique sous différentes formes. Mais ces signes et ces somatisations peuvent être observés chez de nombreuses personnes sans impliquer nécessairement un état dépressif.

Si vous ressentez ces symptômes physiques, demandez l’avis de votre médecin généraliste ou d’un professionnel de la santé mentale.

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Les symptômes psychologiques

Lorsque ces signes physiques s’associent à des manifestations psychologiques, la probabilité d’une dépression est élevée. Voici les symptômes psychologiques les plus fréquents :

  • Une diminution ou perte de motivation pour accomplir les tâches quotidiennes et les activités jugées autrefois agréables. Cela peut-être lié à la fatigue, aux douleurs du corps et à un sentiment de mal être. La personne en dépression souriante ou masquée essaie cependant de masquer cet état et de faire « comme si » cela allait.
  • Un forte anxiété, des soucis excessifs, une appréhension constante peuvent être éprouvés sur des domaines spécifiques de la vie de la personne, puis se généraliser.
  • Une irritabilité et des sautes d’humeur en réaction à des petites choses, elles sont perçues comme étant excessives ou inappropriées.
  • Des sentiments de tristesse et de vide intérieur : même si les personnes atteintes de dépression masquée peuvent afficher un comportement extérieur apparemment joyeux, elles peuvent pourtant ressentir un sentiment de désespoir intense et des idées noires.
  • Un ralentissement des fonctions cognitives : des difficultés à se concentrer, à mémoriser et à prendre des décisions apparaissent de plus en plus. Les performances et la productivité s’en trouvent diminuées.
  • Une baisse ou perte de l’estime de soi : tendance à se juger sévèrement, apparition de sentiments excessifs de dévalorisation et de culpabilité.

L’ensemble de ces éléments est difficile à identifier, car la personne ne se plaint pas spontanément et tente de dissimuler sa tristesse et sa douleur psychique à son entourage.

Il est important de noter qu’une dépression masquée est un terrain favorable pour développer un burn out (syndrome d’épuisement).

La description de cette symptomatologie pouvant être le signe de différentes maladies, il est essentiel de consulter un psychiatre pour un diagnostic précis et une prise en charge.

Les traitements de la dépression masquée

Les traitements sont similaires à ceux d’une dépression classique : le psychiatre recommande généralement une association de médicaments et de psychothérapie, complétée par une hygiène de vie adaptée.

Cet article aborde également les bienfaits de certaines thérapies brèves (reprogrammation mentale, activités méditatives) qui peuvent contribuer à réduire les symptômes dépressifs. La prise en charge est toujours personnalisée selon le profil du patient.

Un homme déprimé s'appuyant la tête contre un mur.

Les traitements médicamenteux

Les antidépresseurs les plus couramment prescrits sont les Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine (ISRS) : Prozac (fluoxétine), Zoloft (sertraline), etc.

Ces médicaments augmentent la disponibilité de la sérotonine dans le cerveau, neurotransmetteur essentiel à la régulation de l’humeur (souvent appelé « hormone du bonheur »).

Les Inhibiteurs de la Recapture de la Sérotonine et de la Noradrénaline (IRSN) , comme l’Effexor (venlafaxine) ou le Cymbalta (duloxétine) , peuvent également être prescrits. Ils agissent sur deux neurotransmetteurs : la sérotonine et la noradrénaline, qui améliore le sommeil, la gestion des émotions et l’attention.

Lorsque ces traitements de première intention sont inefficaces, le médecin peut avoir recours à :

  • des antidépresseurs tricycliques (ATC) ;
  • des inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) ;
  • des antidépresseurs atypiques.

 Ces médicaments présentent davantage d’effets secondaires et peuvent être contre-indiqués en cas d’autres traitements en cours , les interactions médicamenteuses peuvent être dangereuses.

Selon la situation du patient, un anxiolytique peut également être prescrit en complément.

Les psychothérapies

Une psychothérapie à visée analytique permet de travailler sur l’inconscient et les blessures profondes.

Les Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) sont également très efficaces : elles aident à modifier les cognitions négatives (les pensées qui déclenchent certains comportements) et à mieux gérer le stress. La psychothérapie offre un espace pour exprimer ses souffrances, sa tristesse, ses peurs et ses idées noires.

Les thérapies brèves

Les Cabinets Oser le Changement proposent des accompagnements sur quelques séances pour apaiser l’esprit par le biais de la reprogrammation mentale, à l’aide de techniques de thérapie brève — dont l’hypnose ericksonienne, reconnue et utilisée en milieu hospitalier.

Les bénéfices d’un accompagnement Oser le Changement sont multiples, selon vos objectifs personnels.

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  • diminuer ou supprimer vos angoisses ;
  • apaiser vos traumatismes ;
  • abandonner vos croyances limitantes ;
  • transformer vos schémas de pensées négatifs en pensées positives ;
  • modifier les comportements souffrants qui y sont associés.

En résumé, la dépression masquée est un mode d’expression particulier d’un état dépressif classique : on y retrouve les symptômes habituels d’une dépression, à ceci près que la personne qui en est atteinte dissimule au maximum son mal-être psychique.

Cette dissimulation peut tenir à plusieurs raisons :

  • le déni de son propre état ;
  • la difficulté à verbaliser ce qu’elle traverse ;
  • la peur du jugement de son entourage.

La principale difficulté de ce trouble réside dans son diagnostic. La prise en charge repose le plus souvent sur une combinaison de traitement médicamenteux, de psychothérapie et d’une amélioration du mode de vie.

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FAQs

Pourquoi les thérapies comportementales cognitives (TCC) sont-elles particulièrement recommandées dans le cas d’une dépression masquée ?

Parce qu’une TCC permet de repérer puis de désactiver les dysfonctionnements psychiques (schémas de pensées erronés) qui sont à l’origine de la transformation par le corps de la souffrance psychique que le malade ignore (ou choisit d’ignorer) en perturbations physiques (somatisations).

La dépression masquée atteint-elle seulement les adultes d’un certain âge déçus par leur vie?

Non, la dépression masquée peut atteindre de très jeunes adultes et même des adolescents. Il convient d’être informé et vigilant pour ne pas « passer à côté » de ce trouble en pensant qu’il s’agit d’une crise d’adolescence classique, ou de la manifestation d’une simple immaturité ou fragilité si cela concerne un jeune adulte.

Une femme déprimée, seule, assise devant une fenêtre.

On m’a diagnostiqué une dépression masquée, je n’ai pas de somatisations marquées, juste une immense fatigue. Pourquoi ?

Vous avez probablement dû « prendre sur vous » et « faire semblant » inconsciemment depuis très longtemps : cela requiert une hypervigilance permanente ce qui est pour votre corps très énergivore, d’où votre grande fatigue par accumulation.

Quel est le danger majeur de la dépression masquée, vers quoi peut-elle évoluer ?

Les personnes atteintes de dépression masquée n’expriment pas leurs souffrances et s’isolent. Dans un tel contexte, il peut arriver que personne ne soit là pour « leur tendre la main » que ce soit des proches ou une personne du corps médical.

Petit à petit, il va y avoir évolution vers une dépression sévère manifeste, des troubles anxio-dépressif.

J’ai entendu dire que la dépression masquée est en augmentation en raison du contexte socio-économique actuel. Qu’en est-il ?

L’analyse de nombreux sociologues est que la société actuelle est dominée par une sorte d’injonction au « bien être » et à la performance.

Ne pas se sentir dans cette norme peut chez certaines personnes s’avérer culpabilisant et conduire à une mauvaise estime de soi qui, selon eux, doit rester secrète à tout prix. C’est sur ce malaise ressenti qu’est susceptible de se développer la dépression masquée.

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