- Dépression anaclitique, c’est quoi ?
- Dépression anaclitique : signes et symptômes
- Les causes de la dépression anaclitique
- Traitement de la dépression anaclitique
- FAQs
- Dans le cas d’une dépression anaclitique diagnostiquée chez un enfant, est-ce que tous les membres de sa fratrie sont obligatoirement atteints de ce même syndrome ?
- Dans le cas d’un enfant dont l’un des parents est décédé, comment cerner la différence entre manifestations dûes au deuil et symptômes d’une dépression anaclitique ?
- Le concept de dépression anaclitique des jeunes enfants est-il une conséquence du mode de vie moderne?
- Si elle n’est ni diagnostiquée ni soignée, comment évolue la dépression anaclitique ?
- Retrouve-t-on des formes de dépression anaclitique chez un adulte ?
Dépression anaclitique
La dépression anaclitique (ou dépression du nourrisson) est un trouble psychologique spécifique qui touche principalement l’enfant de moins de trois ans.
L’enfant réagit progressivement de moins en moins aux stimulations de son environnement et manifeste une profonde tristesse.
Ce trouble résulte généralement d’un manque de soins affectifs appropriés ou d’un lien d’attachement perturbé avec la personne qui s’occupe de l’enfant , notamment en cas de séparation prolongée d’avec la mère ou la figure d’attachement principale.
La psychiatrie s’intéresse de plus en plus à cette pathologie et à d’autres formes de dépression, car si elle n’est pas traitée, à terme, elle peut avoir de graves conséquences sur le développement de l’enfant, et sur son équilibre psycho-émotionnel.
Cet article présente les symptômes, causes et options de traitement de la dépression anaclitique.
en bref
C'était le résumé de ce que nous allons voir dans cet article
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Dépression anaclitique, c’est quoi ?
La dépression anaclitique est un trouble spécifique observé chez les petits âgés de 0 à 3 ans. La cause principale est centrée sur un facteur environnemental à haut stress qui peut être soit sa séparation prolongée avec sa figure d’attachement (sa mère, son père, etc.) soit sa recherche inassouvie d’attention de la part de l’adulte.
Les travaux de René Spitz
Au XXe siècle, le psychiatre américain d’origine autrichienne René Spitz a mené des travaux fondamentaux dans le domaine de la psychologie du développement de l’enfant. Il est notamment reconnu pour ses recherches sur l’importance des relations précoces mère-enfant.
Spitz est à l’origine du concept de dépression anaclitique : un état dépressif pouvant survenir chez les nourrissons séparés de leur figure d’attachement principale pendant une longue période.
Cette situation entraîne un manque de stimulation émotionnelle et sociale chez le bébé, avec des répercussions parfois durables : troubles de l’attachement et troubles du développement.
Les signes principaux observés par Spitz sont :
- la perte d’appétit ;
- l’insomnie ;
- l’apathie ;
- le retrait social ;
- des retards de développement.
Ses recherches mettent en évidence que les soins donnés et les interactions affectives partagées sont essentielles au bon développement de l’enfant.

Dépression chez l’enfant : anaclitique ou infantile
La dépression infantile est un terme générique qui englobe les différents symptômes dépressifs pouvant apparaître chez l’enfant, de la naissance à l’adolescence.
Ces troubles dépressifs ont des causes multiples (stress, traumatismes, troubles de santé) et leurs symptômes varient selon l’âge :
- enfants en bas âge (0-6 ans) ;
- jeunes enfants (6-12 ans) ;
- adolescents (12-18 ans).
La dépression anaclitique est une forme spécifique de dépression infantile, observée chez les nourrissons (0-3 ans). Elle se caractérise par une cause précise : la séparation prolongée avec la figure d’attachement principale.
Dépression anaclitique : signes et symptômes
Les symptômes de la dépression anaclitique varient considérablement d’un nourrisson à l’autre. Toutefois, les signes les plus fréquemment observés sont :
L’ensemble de ces comportements doit vous alerter : en cas de doute consultez votre médecin afin d’effectuer un diagnostic. Dans certains cas graves, une hospitalisation peut être nécessaire.
Les causes de la dépression anaclitique
La dépression anaclitique est principalement causée par des facteurs environnementaux, toutefois dans de plus rares cas, des facteurs génétiques ou biologiques peuvent également jouer un rôle.
La dépression anaclitique chez l’enfant est le plus souvent induite par un manque d’attention et de soins appropriés, normalement pris en charge par la figure d’attachement principale (souvent la mère) pendant les premiers mois de sa vie.
Cette privation émotionnelle et d’attention met à mal la relation de l’enfant avec les autres, ce qui a des incidences sur son état.
Cette carence peut intervenir pour diverses raisons, telles qu’une séparation précoce entre la mère et son enfant, une mère affectée par une maladie physique ou mentale (comme la dépression post partum), un environnement familial stressant ou instable, etc.
Dans ces deux derniers contextes, la maman peut ressentir des difficultés à établir un lien affectif fort avec son bébé, à répondre de manière adéquate à ses besoins ou à lui fournir l’interaction sociale et émotionnelle dont il a besoin pour se développer sainement.
Cette carence de prise en charge de la mère peut aussi s’étendre chez le père. Il peut se sentir submergé par l’arrivée du nouveau-né, ou dépassé par les événements. C’est d’autant plus le cas si la mère a développé une dépression post partum ou une autre pathologie.
Un nourrisson évoluant dans un contexte familial difficile ou maltraitant est plus à risque. C’est le cas, dans le cadre de violences domestiques, de pauvreté, de séparation ou divorce, du décès d’un membre de la famille proche, etc.
Les bébés qui subissent de nombreux changements de soignants peuvent ressentir un stress et des perturbations importantes. Il en est de même pour un enfant séparé de sa mère et placé en institutions de type orphelinat.
Dans ces types de contextes, construire un attachement sain et une relation émotionnelle forte entre l’enfant et l’adulte, est particulièrement complexe. Il y a alors plus de risque pour l’enfant de développer à terme une dépression anaclitique.

Traitement de la dépression anaclitique
Le traitement d’une dépression anaclitique varie en fonction de la situation de l’enfant et de la gravité de son état dépressif. L’objectif principal est de construire ou rétablir une relation stable et sécurisante pour l’enfant.
Il est nécessaire d’apporter de la stabilité au nourrisson pour son équilibre. Un adulte doit pouvoir lui apporter des soins constants et quotidiens pour lui donner un sentiment de sécurité.
Il est bon que les parents demandent conseil auprès de professionnels de la petite enfance sur la manière d’interagir de façon positive avec leur nourrisson. Vous pouvez prendre contact avec une PMI, un pédopsychiatre, une puéricultrice, afin de mieux comprendre les besoins des enfants.
Une psychothérapie individuelle ou intrafamiliale peut aider à développer des relations saines, à gérer les émotions, et à traverser cette phase difficile. La thérapie familiale est bénéfique tant chez l’adulte que chez l’enfant.
Elle permet d’identifier et de résoudre des dysfonctionnements familiaux éventuels ayant pu contribuer à la dépression anaclitique.
L’espace psychothérapeutique mis en place avec l’enfant peut inclure des jeux interactifs ou des activités d’éveil, et il a pour finalité d’améliorer son contact social et l’ensemble de sa vie .
La dépression anaclitique est un trouble grave qui nécessite une prise en charge médicale rapide. Sans traitement, elle peut entraîner des retards cognitifs (langage, motricité) ainsi que des retards de développement social et émotionnel, avec des conséquences à court, moyen et long terme.
La bonne nouvelle : avec un diagnostic précoce et un accompagnement adapté, la plupart des enfants surmontent leurs symptômes et peuvent ensuite se développer harmonieusement.
FAQs
Dans le cas d’une dépression anaclitique diagnostiquée chez un enfant, est-ce que tous les membres de sa fratrie sont obligatoirement atteints de ce même syndrome ?
Non, car les liens d’attachement avec la mère (ou substitut maternel) sont différents pour chaque enfant, et se sont construits dans des circonstances différentes.
Le suivi psychologique de l’ensemble de la famille en thérapie familiale permet un accompagnement qui évitera de « passer à côté » de troubles collatéraux éventuels chez les membres de la famille.
Dans le cas d’un enfant dont l’un des parents est décédé, comment cerner la différence entre manifestations dûes au deuil et symptômes d’une dépression anaclitique ?
Le deuil est un processus normal alors que la dépression anaclitique est une réaction pathologique à la perte du parent.
Discerner une différence entre les deux est très délicat pour les membres de la famille de l’enfant, dans la mesure où eux même sont dans un processus de deuil. Consulter un professionnel de santé spécialisé comme un pédopsychiatre est l’option recommandée.

Le concept de dépression anaclitique des jeunes enfants est-il une conséquence du mode de vie moderne?
On peut dire sans hésiter que non : dès la fin du XVIII ème siècle, des observations ont été faites par F.E. Fodéré sur la nécessité de faire bénéficier de « bonnes conditions affectives », et les bébés abandonnés et recueillis en orphelinat afin d’en « sauver un plus grand nombre de la mort ».
En effet, il avait constaté que beaucoup mourraient prématurément bien que nourris correctement. La théorisation du concept et le terme de « dépression anaclitique » reviennent à Spitz : la diffusion de ses travaux s’est faite à partir de 1946.
Si elle n’est ni diagnostiquée ni soignée, comment évolue la dépression anaclitique ?
En l’absence de soin et sans modification positive de l’environnement familial, la dépression anaclitique peut évoluer vers une aggravation du repli sur soi de l’enfant et par conséquent à une absence d’interaction croissante avec son environnement.
Sur le long terme, cela peut aboutir à un retard mental caractérisé.
Retrouve-t-on des formes de dépression anaclitique chez un adulte ?
Le concept de dépression anaclitique de l’adulte a été défini en extrapolant la dépendance de l’enfant à sa mère (ou substitut maternel). Il s’agit d’un état pathologique de dépendance d’une personne envers une autre personne, avec soumission passive à l’objet d’amour.
Il peut aboutir, dans les cas les plus aigus, à des pulsions mortifères, avec des phases de dépression qui alternent avec des phases d’agression lorsque le déprimé sent (ou croit sentir) qu’il ne contrôle pas la personne objet de sa dépendance.

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