- Pourquoi l’anorexie peut provoquer des diarrhées
- Carences et troubles intestinaux associés
- Risques de déshydratation
- Solutions médicales adaptées
- Évaluation médicale urgente
- Réhydratation prioritaire
- Sevrage des laxatifs
- Traitement de la malabsorption
- Traitement de la prolifération bactérienne
- Probiotiques
- Médicaments anti-diarrhéiques
- Supplémentation nutritionnelle
- Renutrition progressive
- Accompagnement psychologique
- Surveillance et suivi
- Hospitalisation si nécessaire
- Pronostic
Comprendre la diarrhée chez les personnes anorexiques
Dans le contexte de l’anorexie mentale, la diarrhée s’avère moins fréquente que la constipation en touchant environ 15 à 30% des personnes contre 85-95% pour la constipation. Elle représente cependant une complication digestive significative avec des mécanismes et des risques spécifiques.
Cette diarrhée peut résulter de multiples causes : abus de laxatifs qui détruisent la fonction colique normale, atrophie de la muqueuse intestinale altérant le mécanisme de l’absorption, prolifération bactérienne intestinale, carences enzymatiques, ou encore le syndrome de renutrition lors de la réalimentation de la personne. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la diarrhée dans l’anorexie n’est pas un « détail » mais une complication potentiellement grave. En effet, elle aggrave la dénutrition, provoque des déséquilibres électrolytiques majeurs, et signale parfois des dommages intestinaux importants.
Comprendre ses causes et sa prise en charge est essentiel pour éviter les complications et faciliter la récupération. Après avoir exploré les impacts de l’anorexie sur le corps, il est important de comprendre spécifiquement ce trouble digestif et ses implications.
En bref
C'était le résumé de ce que nous allons voir dans cet article

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RDV d'information préalable RDV d'information préalablePourquoi l’anorexie peut provoquer des diarrhées
Plusieurs mécanismes distincts peuvent causer des diarrhées dans l’anorexie.
Abus de laxatifs
Ces abus sont la cause principale de diarrhée dans l’anorexie. Certaines personnes utilisent des laxatifs de façon compulsive, pensant « éliminer » les calories ou « nettoyer » leur système digestif. Les doses utilisées sont souvent très élevées, parfois jusqu’à 20-30 comprimés par jour. L’utilisation porte sur des laxatifs stimulants comme le séné, et le bisacodyl).
Avec le temps, le côlon devient dépendant des laxatifs. Il perd sa capacité de fonctionner normalement. Il ne peut plus évacuer sans stimulation chimique. Les doses nécessaires augmentent progressivement.
La diarrhée résultante est liquide, souvent explosive, accompagnée de crampes sévères.
Malabsorption intestinale
L’atrophie de la muqueuse intestinale causée par la malnutrition perturbe l’absorption. Les villosités intestinales (replis de l’intestin augmentant sa surface d’absorption) s’aplatissent. La production d’enzymes digestives (lactase, sucrase, maltase) diminue. Les nutriments ne sont plus correctement absorbés.
Les aliments non digérés attirent de l’eau dans l’intestin par le phénomène d’osmose, créant ainsi une diarrhée osmotique souvent accompagnée de gaz et de ballonnements.

Prolifération bactérienne intestinale (SIBO)
Le ralentissement du transit et la malnutrition favorisent une prolifération anormale de bactéries dans l’intestin grêle. A l’état normal, l’intestin grêle contient peu de bactéries. Dans un contexte de dénutrition, des bactéries colonisent excessivement cette région. Elles fermentent les aliments et produisent des gaz et des acides organiques.
Le résultat se manifeste par des diarrhées, des ballonnements importants, des douleurs abdominales, et une malabsorption aggravée.
Intolérance au lactose secondaire
La carence en lactase, l’enzyme digérant le lactose du lait, est fréquente dans un contexte de malnutrition. En effet, la production de lactase diminue par atrophie de la muqueuse. Une intolérance temporaire au lactose apparaît. La consommation de produits laitiers provoque diarrhées, gaz et crampes.
Cette intolérance est généralement réversible avec la renutrition.

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En savoir plus En savoir plusSyndrome de renutrition digestive
Paradoxalement, lors de la réalimentation, des diarrhées peuvent survenir. L’intestin « atrophié » ne tolère pas immédiatement les quantités normales. Une surcharge osmotique se produit car il y a trop de nutriments d’un coup. Un dépassement de la capacité d’absorption apparaît. Une diarrhée transitoire de réalimentation se manifeste.
C’est pourquoi la renutrition doit être progressive.
Pancréatite et insuffisance pancréatique
Dans de rares cas, l’anorexie peut provoquer une inflammation du pancréas. Une pancréatite aiguë ou chronique se développe. Une insuffisance pancréatique exocrine avec une mauvaise production d’enzymes apparaît. La digestion des graisses est particulièrement affectée. Une diarrhée grasse, dite stéatorrhée, survient, avec des selles grasses, flottantes et nauséabondes.
Alternance constipation-diarrhée
Certaines personnes subissent une alternance imprévisible. Des périodes de constipation sévère se produisent, et elles sont suivies de diarrhées, souvent après prise de laxatifs. Une diarrhée paradoxale apparaît après une constipation prolongée dans une sorte d’effet de « débordement ». Ce pattern (comportement répétitif) suggère une profonde dysrégulation intestinale.

Carences et troubles intestinaux associés
Les carences nutritionnelles contribuent directement aux diarrhées et à leurs complications.
Carence en électrolytes
es diarrhées aggravent les déséquilibres déjà présents. Une perte massive de potassium survient dans les selles liquides. Une perte de sodium, chlore, magnésium et bicarbonates se produit. Ces pertes s’ajoutent aux carences existantes, créant des déséquilibres dangereux.
L’hypokaliémie sévère peut provoquer des troubles cardiaques graves comme des arythmies, et un arrêt cardiaque.
Carence en zinc
Le zinc est crucial pour la santé intestinale et l’immunité. Or son déficit fréquent dans l’anorexie est aggravé par les diarrhées. Le zinc est perdu en grandes quantités dans les selles. Sa carence aggrave la diarrhée ce qui provoque un cercle vicieux, altère la fonction immunitaire, et retarde la cicatrisation de la muqueuse intestinale.

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En savoir plus En savoir plusCarences vitaminiques
Les vitamines liposolubles (A, D, E, K) sont particulièrement mal absorbées. En cas de malabsorption des graisses, ces vitamines ne sont pas absorbées. Une carence en vitamine K peut provoquer des troubles de la coagulation sanguine. Une carence en vitamine D aggrave l’ostéoporose. Les vitamines hydrosolubles (B, C) sont aussi perdues dans les diarrhées abondantes.
Dénutrition protéino-énergétique aggravée
Les diarrhées accélèrent la perte de nutriments. Une perte de protéines dans les selles se produit alors et les calories ingérées ne sont pas absorbées. Un cercle vicieux se crée : la malnutrition entraîne la diarrhée, qui elle-même en retour aggrave la malnutrition. Un amaigrissement rapide survient en parallèle d’une fonte musculaire accélérée.
Dysbiose intestinale
Le déséquilibre du microbiote, c’est-à-dire la flore intestinale, est marqué. Une diminution des bactéries bénéfiques se produit, avec en parallèle une prolifération de bactéries pathogènes. Il s’ensuit une perte de diversité microbienne, la dysbiose, qui perpétue les diarrhées et affecte l’immunité. Elle peut également influencer négativement l’humeur de la personne via l’axe intestin-cerveau.

Inflammation intestinale
Les diarrhées chroniques provoquent une inflammation de la muqueuse intestinale. Une colite, à savoir une inflammation du côlon, se développe. Une entérite, c’est-à-dire une inflammation de l’intestin grêle apparaît. Cette inflammation aggrave la malabsorption et les douleurs abdominales. Elle peut créer des ulcérations dans les cas sévères.
Risques de déshydratation
La diarrhée dans l’anorexie crée des risques de déshydratation sévère particulièrement dangereux.
Pertes hydriques massives
Les diarrhées liquides provoquent des pertes importantes d’eau. Plusieurs litres par jour peuvent être perdus dans les cas sévères. Une déshydratation rapide survient, surtout si les apports oraux par la boisson sont insuffisants. Le corps déjà fragile tolère mal ces pertes supplémentaires.
Signes de déshydratation
Plusieurs manifestations doivent alerter. Une soif intense apparaît. La bouche et les lèvres sont sèches. Les yeux sont enfoncés. La peau manque d’élasticité et on peut observer une persistance en pinçant la peau pour former un pli cutané. Les urines sont foncées et rares. Des vertiges et des malaises surviennent. Une confusion peut se manifester ainsi qu’une augmentation notable des battements cardiaques, constituant une tachycardie compensatrice.
La déshydratation sévère est une urgence médicale.

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RDV d'information préalable RDV d'information préalableHypotension et collapsus
La perte de volume sanguin provoque une chute de tension. Une hypotension artérielle marquée se produit. Des malaises surviennent lorsque la personne se lève en raison de l’hypotension orthostatique. Dans les cas extrêmes, un choc hypovolémique avec effondrement circulatoire apparaît. Un risque d’arrêt cardiaque existe.
Insuffisance rénale aiguë
Les reins, privés d’eau, cessent de fonctionner normalement. Une insuffisance rénale fonctionnelle survient, cependant réversible avec une réhydratation. Dans les cas prolongés, des dommages rénaux potentiellement irréversibles apparaissent. Une oligurie caractérisée par un très faible volume d’émission d’urine se manifeste. Une anurie, à savoir une absence totale d’urine, peut survenir.
Aggravation des déséquilibres électrolytiques
La déshydratation concentre les anomalies des électrolytes. Une hyperkaliémie paradoxale, à savoir un taux de potassium élevé par concentration, se produit. Une acidose métabolique survient et des troubles acido-basiques complexes apparaissent. Ces déséquilibres peuvent être mortels.

Complications thromboemboliques
La déshydratation épaissit le sang, augmentant le risque de thrombose. Des thromboses veineuses profondes (caillots dans les jambes) peuvent se former. Des embolies pulmonaires (caillots dans les poumons) peuvent survenir. Ces complications sont potentiellement mortelles.
Solutions médicales adaptées
Le traitement de la diarrhée dans l’anorexie nécessite une identification de la cause et une approche spécifique.
Évaluation médicale urgente
Toute diarrhée persistante nécessite une consultation. Un examen clinique complet est réalisé. Un bilan biologique (ionogramme, fonction rénale, formule sanguine) est effectué. Une coproculture pour la recherche de bactéries et de parasites dans les selles est pratiquée. Si besoin, une coloscopie, des tests respiratoires, et un dosage des enzymes pancréatiques sont réalisés.
Réhydratation prioritaire
C’est la mesure urgente la plus importante. Une réhydratation orale est tentée si possible (solutions de réhydratation orale SRO). Des apports hydriques importants fractionnés sont donnés. Si la déshydratation est sévère, une hospitalisation et des perfusions intraveineuses s’imposent. Une correction simultanée des électrolytes (potassium, magnésium) est assurée.

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En savoir plus En savoir plusSevrage des laxatifs
Si un abus de laxatifs existe, un arrêt progressif sous supervision médicale est nécessaire. Une réduction graduelle des doses doit être réalisée car un arrêt brutal entraînerait une constipation rebond. Un accompagnement psychologique du sevrage est assuré car il s’associe à une anxiété importante. Une transition vers des laxatifs osmotiques doux est faite si nécessaire. Un soutien psychologique est indispensable pour l’acceptation de la prise de poids résultant de la rétention hydrique temporaire après arrêt.
Ce sevrage, qui prend plusieurs semaines et jusqu’à plusieurs mois, est difficile mais il s’avère essentiel.
Traitement de la malabsorption
Il faut adapter l’alimentation temporairement. Une éviction temporaire du lactose est pratiquée en cas d’intolérance. Des aliments faciles à digérer, initialement faibles en graisses, sont privilégiés. Une supplémentation enzymatique est donnée en cas d’insuffisance pancréatique (extraits pancréatiques Créon). Une réintroduction progressive des aliments est faite au fur et à mesure de la récupération.

Traitement de la prolifération bactérienne
Si un SIBO, à savoir une prolifération bactérienne dans l’intestin grêle, est diagnostiqué, des antibiotiques spécifiques sont prescrits. La rifaximine est généralement bien tolérée. Parfois, le métronidazole est utilisé. Le traitement dure 10-14 jours. Des probiotiques sont donnés après le traitement antibiotique pour restaurer une flore intestinale saine.
Probiotiques
Les probiotiques peuvent aider à rééquilibrer le microbiote. Des souches spécifiques (Lactobacillus, Bifidobacterium) sont utilisées. Une prise régulière pendant quelques semaines à plusieurs mois est nécessaire. Une amélioration progressive des symptômes survient. Mais l’efficacité est variable selon les individus.
Médicaments anti-diarrhéiques
Une utilisation prudente et ciblée s’impose. Le lopéramide (Imodium) peut ralentir le transit. Il n’est jamais donné en première intention et il est utilisé uniquement si la cause est identifiée et non infectieuse. Il n’est jamais prescrit en cas d’abus de laxatifs à cause du risque de dépendance croisée.

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En savoir plus En savoir plusSupplémentation nutritionnelle
Il faut compenser les pertes et les carences. Une supplémentation en zinc est essentielle. Le potassium et le magnésium sont donnés selon les besoins. Des vitamines multiples sont prescrites. Des protéines sont apportées si la dénutrition est sévère. Parfois, une nutrition artificielle entérale par l’intermédiaire d’une sonde s’avère nécessaire dans le cas où la malabsorption est très importante.
Renutrition progressive
Il faut restaurer la fonction intestinale par une renutrition complète. Une augmentation très progressive des apports caloriques est mise en place. La priorité est donnée aux aliments bien tolérés. Un enrichissement progressif est pratiqué ensuite. Cette renutrition permet la reconstitution d’une muqueuse intestinale et de ses villosités efficaces. Elle favorise la récupération de la production enzymatique. Elle entraîne une normalisation progressive du transit.
La patience est essentielle car la récupération prend plusieurs mois.
Accompagnement psychologique
Il faut traiter les comportements sous-jacents. Une psychothérapie pour l’anorexie elle-même est nécessaire. L’arrêt des comportements purgatifs avec usage de laxatifs est essentiel. C’est pourquoi la gestion de l’anxiété importante existant autour des symptômes digestifs et le travail sur l’acceptation des sensations corporelles doivent être entrepris.
L’accompagnement proposé par Oser le Changement avec la méthode A.N.C (Activation Neuronale du Changement) peut aider à travailler sur les émotions et déclencheurs des comportements purgatifs. Il s’agit d’un accompagnement complémentaire au suivi médical indispensable.

Surveillance et suivi
La prise en charge nécessite un suivi régulier. Des pesées fréquentes sont effectuées. Une surveillance de l’hydratation est assurée. Des bilans biologiques répétés sont réalisés. Un ajustement du traitement selon l’évolution est fait. Une vigilance aux complications (déshydratation, déséquilibres) est maintenue.
Hospitalisation si nécessaire
Certaines situations nécessitent une hospitalisation. Une déshydratation sévère non contrôlable en ambulatoire l’impose. Des déséquilibres électrolytiques graves et une dénutrition critique la justifient. Des complications comme une insuffisance rénale et des troubles cardiaques la rendent nécessaire. Une nutrition entérale ou parentérale l’impose .
Pronostic
Avec un traitement approprié, la majorité des diarrhées présentes dans le contexte d’une anorexie se résorbent. Une récupération de la fonction intestinale survient avec la renutrition et une normalisation progressive du transit se produit. Des séquelles peuvent être présentes dans certains cas tels que l’atonie colique par abus prolongé de laxatifs. C’est la raison pour laquelle une intervention la plus précoce possible est fondamentale. La clé est le traitement complet de l’anorexie, l’arrêt des comportements purgatifs, et une renutrition durable.

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RDV d'ACCUEIL PERSONNALISÉ RDV d'information préalableSources
Source 1 : World Gastroenterology Organisation – Diarrhea in Malnutrition – https://www.worldgastroenterology.org/
Source 2 : American Journal of Gastroenterology – Gastrointestinal Complications of Eating Disorders – https://journals.lww.com/ajg/
Voir aussi :


