Pourquoi l’anorexie entraîne souvent une constipation ?

La constipation est l’un des dysfonctionnements digestifs les plus fréquents et invalidants de l’anorexie mentale. Il touche entre 85 et 95% des personnes souffrant de ce trouble à un moment de leur maladie.

Ce symptôme quasi universel résulte de multiples mécanismes interconnectés : ralentissement extrême du transit intestinal lié à la dénutrition, déshydratation chronique, manque de fibres alimentaires, faiblesse des muscles abdominaux, et perturbations des électrolytes régulant la motilité intestinale. Au-delà de l’inconfort physique majeur qu’elle provoque, la constipation génère une détresse psychologique importante, renforçant paradoxalement les comportements anorexiques et poussant parfois à l’abus de laxatifs, ce qui aggrave encore le problème.

Comprendre les mécanismes de cette constipation et les stratégies pour la traiter est essentiel pour améliorer le confort et faciliter la renutrition nécessaire à la guérison. Après avoir exploré les impacts de l’anorexie sur le corps, il est crucial de comprendre spécifiquement ce symptôme omniprésent et ses solutions.

En bref 

– La constipation est très fréquente dans l’anorexie

– Elle touche jusqu’à 85 à 95% des personnes

– Elle est liée à plusieurs mécanismes physiologiques

– Elle provoque un fort inconfort physique et psychologique

– Sa prise en charge est importante pour la guérison

C'était le résumé de ce que nous allons voir dans cet article 
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Pourquoi la constipation est fréquente chez les anorexiques ?

Plusieurs mécanismes convergents expliquent la constipation quasi systématique dans l’anorexie.

Ralentissement extrême du péristaltisme

Le péristaltisme désigne les contractions musculaires rythmiques propulsant les aliments dans le tube digestif. Dans l’anorexie, face à la famine, le corps entre en mode « économie d’énergie » maximale. Le péristaltisme intestinal ralentit drastiquement, en devenant parfois 2 à 4 fois plus lent que la normale. La digestion et le transit deviennent extrêmement lents.

Cette adaptation « intelligente » à court terme pour économiser l’énergie devient problématique à long terme en créant une constipation sévère et chronique.

Gastroparésie et ralentissement global

Le ralentissement ne touche pas que le côlon mais tout le tube digestif. Une gastroparésie survient c’est-à-dire une vidange gastrique extrêmement ralentie. Le transit dans l’intestin grêle ralentit et une hypomotilité colique marquée apparaît. Ce ralentissement global crée une sensation permanente de « trop-plein » digestif.

Déshydratation chronique

Les apports hydriques sont souvent insuffisants dans l’anorexie. Une restriction volontaire d’absorption des liquides est réalisée par peur de « gonfler ». Les apports totaux sont insuffisants. Le côlon réabsorbe davantage d’eau pour compenser. Les selles deviennent dures, sèches et difficiles à évacuer.

La déshydratation est un facteur majeur aggravant la constipation.

Carence en fibres alimentaires

La restriction alimentaire élimine souvent les sources principales de fibres. Les légumes, fruits, céréales complètes et légumineuses sont évités. Les apports en fibres sont souvent inférieurs à 10g/jour, sachant que la recommandation est de 25-30g.

Les fibres sont essentielles pour donner volume et consistance aux selles. Sans fibres, les selles deviennent petites, dures et stagnantes.

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Faiblesse des muscles abdominaux

La fonte musculaire généralisée de tout le corps touche aussi les muscles abdominaux et pelviens. Les muscles de la paroi abdominale qui sont nécessaires à la poussée lors de la défécation sont affaiblis. Le plancher pelvien perd de sa tonicité. La capacité à évacuer les selles est compromise. Même si l’envie est présente, l’expulsion est difficile.

Perturbations électrolytiques

Les déséquilibres en électrolytes affectent la motilité intestinale. L’hypokaliémie (manque de potassium) est très fréquente dans l’anorexie. L’hypomagnésémie (manque de magnésium) survient également. Ces carences perturbent la contractilité des muscles intestinaux, aggravant le ralentissement du transit.

Hypothyroïdie fonctionnelle

La dénutrition provoque un ralentissement thyroïdien. Une baisse des hormones T3 et T4 se produit. Un ralentissement du métabolisme global apparaît. Les hormones thyroïdiennes régulent aussi la motilité intestinale. Leur déficit contribue à la constipation.

Effet de la sédentarité

Paradoxalement, certaines personnes anorexiques sont sédentaires en raison de leur épuisement extrême. Or l’absence d’activité physique ralentit le transit intestinal : le mouvement stimule naturellement le péristaltisme et l’immobilité l’aggrave.

Inversement, l’hyperactivité excessive de certaines personnes anorexiques n’améliore pas forcément la constipation si les autres facteurs comme la déshydratation et le manque de fibres persistent.

Conséquences de la malnutrition sur le transit

La malnutrition affecte profondément le fonctionnement intestinal au-delà du simple ralentissement.

Atrophie de la muqueuse colique

La muqueuse intestinale (paroi interne du côlon) s’atrophie par manque de nutriments. Un amincissement de la paroi se produit. Une réduction de la sécrétion de mucus jouant le rôle de lubrifiant survient. Une perte de fonction des cellules intestinales apparaît. Cette atrophie aggrave la constipation et rend le côlon moins efficace.

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Diminution de la sécrétion de bile

La bile, produite par le foie et stockée dans la vésicule, a un effet légèrement laxatif naturel. Dans un contexte de dénutrition, la production de bile diminue. La concentration peut créer des boues biliaires ou des calculs. La réduction de la bile dans l’intestin contribue au ralentissement du transit.

Perturbation du microbiote intestinal

Le microbiote, c’est-à-dire la flore intestinale, est déséquilibré dans l’anorexie. Une réduction de la diversité bactérienne se produit. Une diminution des bactéries bénéfiques survient. Ce déséquilibre porte le nom de dysbiose. Elle affecte la motilité intestinale, la production de gaz et l’inflammation, contribuant ainsi à la constipation, aux ballonnements et à l’inconfort.

Ralentissement de la production de neurotransmetteurs intestinaux

L’intestin possède son propre système nerveux (système nerveux entérique). Une production de sérotonine intestinale se fait représentant 95% de la sérotonine du corps. D’autres neurotransmetteurs régulent la motilité. Cette production est perturbée par la malnutrition, affectant de ce fait la régulation du transit.

Inflammation intestinale de bas grade

La dénutrition peut créer une inflammation chronique de bas grade. Une augmentation de la perméabilité intestinale se produit. Une inflammation de la muqueuse apparaît. Cette inflammation perturbe le fonctionnement normal du côlon, contribuant aux troubles du transit.

 Symptômes associés

La constipation dans l’anorexie s’accompagne de manifestations multiples et invalidantes.

Fréquence réduite des selles

Le symptôme cardinal se manifeste : moins de 3 selles par semaine sont éliminées. Cela peut aller jusqu’à une seule selle par semaine, et dans certains cas extrêmes, une absence totale de selle pendant 10-15 jours est observée. Cette rareté des selles génère une anxiété et un inconfort majeurs.

Selles dures et difficiles à évacuer

Lorsque la défécation se produit enfin, elle est pénible. Les selles sont très dures, sèches, parfois en « billes de chèvre ». Une nécessité de forcer longtemps apparaît. Une sensation d’évacuation incomplète persiste. Des douleurs surviennent lors du passage.

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 Douleurs et crampes abdominales

L’accumulation de selles provoque douleurs et inconforts. Des crampes abdominales se manifestent. Une sensation de pesanteur s’installe et des ballonnements importants apparaissent. Des douleurs parfois intenses nécessitent une consultation médicale.

Ballonnements et distension

Le ventre devient gonflé et tendu. Cette distension abdominale devient visible. Une sensation de « ventre énorme » se développe, souvent amplifiée par la dysmorphie corporelle, c’est-à-dire la vision déformée qu’a l’anorexique de son corps. Un inconfort vestimentaire survient avec des vêtements qui serrent. Cette distension du ventre aggrave l’insatisfaction corporelle de la personne.

Nausées et perte d’appétit aggravée

La constipation sévère réduit encore plus l’appétit. Une sensation de « trop-plein » permanent s’installe. Des nausées dues à la stagnation apparaissent. Une impossibilité de manger par manque de place se manifeste. Un cercle vicieux se crée : la constipation induit le fait de moins manger qui lui-même aggrave la constipation.

Hémorroïdes et fissures anales

La constipation chronique provoque des complications locales. Des hémorroïdes sous la forme veines dilatées très douloureuses se développent. Des fissures anales, à savoir des déchirures de la muqueuse anale, apparaissent. Des saignements surviennent lors de la défécation et des douleurs vives rendent l’évacuation encore plus redoutée.

Fécalome

Dans les cas extrêmes non traités, une formation de fécalome se produit. Un bouchon de selles dures se forme, bloqué dans le rectum. Une impossibilité d’évacuation spontanée apparaît. L’extraction manuelle ou des lavements deviennent parfois nécessaires. Cette complication grave nécessite une intervention médicale.

Détresse psychologique

La constipation génère une souffrance psychologique importante. Une obsession concernant les selles s’installe. Une anxiété permanente apparaît s’il n’y a pas de selle. Un sentiment de « saleté intérieure » se manifeste. Une honte de parler du problème persiste. Cette détresse renforce l’isolement et la dépression.

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Solutions médicales et hygiéno-diététiques

Le traitement de la constipation dans l’anorexie nécessite une approche globale et progressive.

Renutrition comme traitement fondamental

La renutrition est la solution de fond indispensable. Une restauration progressive d’apports caloriques suffisants est nécessaire. Une augmentation de la quantité globale de nourriture est requise. Le transit ne se normalise vraiment qu’avec une renutrition complète. La patience est de mise car l’amélioration prend plusieurs semaines à plusieurs mois.

Augmentation progressive des fibres

Les fibres doivent être réintroduites prudemment. Il faut débuter avec des fibres solubles douces (fruits cuits, avoine, psyllium). Une augmentation très progressive est nécessaire car un ajout brutal aggraverait les ballonnements. Une transition vers les fibres insolubles comme les légumes et les céréales complètes suit. L’objectif final est d’arriver à 25-30 grammes de fibres par jour.

L’augmentation doit être graduelle car l’intestin « atrophié » ne tolère pas d’emblée de grandes quantités.

Hydratation adéquate

L’eau est cruciale pour un transit normal. L’objectif minimum est de 1,5 à 2 litres par jour. L’eau, les tisanes, les bouillons et les soupes conviennent. Ces apports doivent être répartis tout au long de la journée. Il faut boire particulièrement au réveil car cela stimule le réflexe gastro-colique.

Sans hydratation suffisante, même avec des fibres, la constipation persiste.

Activité physique modérée

Le mouvement stimule le péristaltisme. Une marche quotidienne (30 minutes minimum) est bénéfique. Des activités douces (yoga, natation) aident. Des exercices spécifiques (torsions, flexions) peuvent être pratiqués. Mais il faut éviter l’exercice excessif qui aggrave la dénutrition.

L’activité doit être adaptée à l’état général et être douce pour ne pas épuiser davantage.

Laxatifs : avec grande précaution

Les laxatifs peuvent être nécessaires temporairement mais ils comportent des risques. Les laxatifs osmotiques doux (macrogol/PEG, lactulose) sont préférés car ils présentent peu de risque de dépendance. Les laxatifs de lest (psyllium, gomme de guar) augmentent le volume des selles. Les laxatifs stimulants (séné, bisacodyl) sont à éviter sauf urgence car ils créent une dépendance.

L’objectif est un sevrage progressif des laxatifs, pas leur utilisation au long cours.

Danger de l’abus de laxatifs

Certaines personnes anorexiques développent une dépendance aux laxatifs. Une utilisation compulsive quotidienne s’installe. Des doses croissantes deviennent nécessaires. Une destruction progressive de la fonction colique normale se produit et le côlon devient paresseux. Une atonie colique susceptible de devenir irréversible peut apparaître.

Le sevrage doit être médical et progressif. Un arrêt brutal entraîne immanquablement une constipation rebond sévère.

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Suppositoires et micro-lavements

En cas de constipation aiguë, des solutions locales existent. Des suppositoires de glycérine doux et  lubrifiants peuvent être utilisés. Des micro-lavements (Microlax) ponctuels soulagent. Une utilisation occasionnelle, pas quotidienne, est recommandée. Ils permettent un soulagement rapide en urgence.

Correction des déséquilibres électrolytiques

Il faut traiter les carences aggravant la constipation. Une supplémentation en potassium est donnée en cas d’hypokaliémie. Le magnésium est prescrit (la forme citrate est souvent préférée, elle a un effet légèrement laxatif). Ces corrections améliorent la contractilité intestinale.

Médicaments prokinétiques

Dans certains cas, des médicaments stimulant la motilité sont utilisés. Le métoclopramide ou la dompéridone stimulent la vidange gastrique. Le prucalopride stimule spécifiquement le côlon. Le linaclotide est employé dans la constipation sévère. Une prescription médicale est nécessaire. L’efficacité est variable.

Établir une routine

Il est recommandé de créer des habitudes favorisant le transit. Des horaires réguliers pour les tentatives de défécation sont à établir, idéalement après le petit-déjeuner. Il faut prendre son temps aux toilettes, et éviter de se stresser. Les sièges de toilettes sont trop hauts et ne favorisent pas la défécation, une position davantage physiologique doit être adoptée (en surélevant les pieds sur un petit marche-pieds par exemple). Il importe également de ne pas ignorer les envies d’aller aux toilettes quand elles se présentent.

Techniques complémentaires

Plusieurs approches peuvent aider. Un massage abdominal doux sous la forme de mouvements circulaires dans le sens horaire est bénéfique. Des exercices de respiration abdominale profonde sont utiles ainsi que la pratique de postures de yoga spécifiques pour le transit. L’acupuncture soulage certaines personnes. Ces méthodes complètent les mesures principales.

Accompagnement psychologique

Il faut travailler sur les aspects émotionnels. L’anxiété autour des selles et du transit doit être gérée. Les obsessions concernant le poids du contenu intestinal doivent être traitées. La peur de « gonfler » avec l’hydratation et les fibres doit être surmontée et les croyances dysfonctionnelles doivent être déconstruites.

L’accompagnement proposé par Oser le Changement avec la méthode A.N.C (Activation Neuronale du Changement) peut aider à gérer les émotions liées aux sensations corporelles et digestives sources d’anxiété. Il s’agit d’un accompagnement complémentaire au suivi médical et nutritionnel indispensable.

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Patience et réalisme

L’amélioration de la constipation est progressive. Une aggravation temporaire, dite “paradoxe initial” est possible en début de renutrition. Une amélioration réelle survient après plusieurs semaines de renutrition. Une normalisation complète prend souvent plusieurs mois. Des rechutes sont possibles en cas de retour à la restriction alimentaire.

La clé est la persévérance et rfepose sur la renutrition durable, l’hydratation constante, la patience.

Quand consulter en urgence

Certains signes nécessitent une consultation médicale rapide. Une absence totale de selles pendant plus de 7-10 jours l’impose ainsi que des douleurs abdominales intenses. Elle est requise en cas de vomissements importants, de présence de sang dans les selles en grande quantité, de fièvre associée. Ces symptômes peuvent signaler des complications très sérieuses comme une occlusion, ou un fécalome.

Avec une prise en charge appropriée et une renutrition complète, la grande majorité des personnes retrouvent un transit normal ou quasi-normal. Mais cela nécessite un traitement complet de l’anorexie elle-même, car la constipation est un symptôme de la dénutrition globale.

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