Le lien entre anorexie et baisse de libido

La baisse ou la perte totale de libido, à savoir la disparition progressive du désir sexuel, est une conséquence fréquente et souvent taboue de l’anorexie mentale, touchant la grande majorité des personnes souffrant de ce trouble. 

Entre 70 et 90% des femmes anorexiques rapportent une diminution significative de leur désir sexuel, et des chiffres similaires sont observés chez les hommes. Cette altération de la sexualité résulte d’une combinaison complexe de facteurs hormonaux, physiques et psychologiques : l’effondrement des hormones sexuelles lié à la dénutrition, les perturbations de l’image corporelle, la honte et la déconnexion du corps, ainsi que l’épuisement physique et mental. 

Cette dimension de l’anorexie, bien que rarement abordée spontanément par les patients par pudeur ou honte, a un impact majeur sur la qualité de vie et des relations intimes. Après avoir exploré les effets psychologiques de l’anorexie, il est essentiel de comprendre comment ce trouble affecte profondément la sexualité et quelles solutions existent.

En bref 

– La perte de libido est fréquente dans l’anorexie

– Elle touche une grande majorité des patients

– Elle a des causes hormonales, physiques et psychologiques

– Elle impacte la qualité de vie et les relations

– Elle reste un sujet souvent tabou

C'était le résumé de ce que nous allons voir dans cet article 

Comment l’anorexie influence la sexualité

L’anorexie affecte la sexualité à travers plusieurs mécanismes interconnectés agissant simultanément.

Effondrement énergétique global

Le corps en état de dénutrition sévère entre en mode « survie » et désactive les fonctions non essentielles à la survie immédiate. La reproduction et la sexualité sont considérées comme non prioritaires face au danger de famine perçu par l’organisme.

Toute l’énergie disponible est redirigée vers les fonctions vitales : faire battre le cœur, maintenir la respiration, préserver le cerveau. Le désir sexuel, qui nécessite une énergie importante, disparaît naturellement.

Obsession alimentaire envahissante

L’anorexie crée une focalisation obsessionnelle sur la nourriture, les calories, le poids. Ces pensées envahissantes occupent pratiquement tout l’espace mental, ne laissant aucune place aux pensées ou désirs sexuels.

La personne passe des heures à compter les calories, planifier les repas, vérifier son corps. Cette rumination constante élimine toute disponibilité psychologique pour la sexualité.

Déconnexion du corps

L’anorexie implique souvent une dissociation profonde d’avec son propre corps. Le corps devient un ennemi à contrôler, un objet dégoûtant, une source de honte. Cette déconnexion rend impossible l’écoute des sensations corporelles, y compris les sensations de plaisir ou d’excitation sexuelle.

La personne ne « sent » plus son corps. Elle ne perçoit plus ses besoins et désirs naturels, y compris sexuels.

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Évitement de l’intimité

De nombreuses personnes anorexiques évitent activement les situations intimes. Elles ont peur que le partenaire regarde ou touche leur corps « imparfait ». Elles ressentent une honte marquée de leur maigreur extrême ou de leurs os saillants. Elles ont une anxiété prononcée à l’idée que la proximité physique puisse révéler leur trouble. Parfois, elles utilisent consciemment ou inconsciemment l’anorexie pour éviter la sexualité, en particulier s’il y a eu traumatisme sexuel précédemment.

Perte de connexion relationnelle

L’anorexie provoque un isolement social et affectif progressif. Le retrait des relations s’opère. Les difficultés de communication s’installent. L’incapacité à maintenir une intimité émotionnelle apparaît et des ruptures de relations amoureuses surviennent.

Sans connexion émotionnelle et relationnelle, le désir sexuel s’éteint naturellement.

Conséquences hormonales (aménorrhée, baisse des œstrogènes/testostérone)

Les perturbations hormonales massives causées par la dénutrition sont au cœur de la baisse de libido.

Chez les femmes : effondrement des œstrogènes

La dénutrition provoque un arrêt de la fonction ovarienne. Les ovaires cessent de produire des œstrogènes et de la progestérone. L’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien se met en veille. L’aménorrhée (arrêt des règles) survient rapidement, souvent avant même une perte de poids majeure.

Les œstrogènes jouent un rôle crucial dans la libido féminine. Ils maintiennent la lubrification vaginale. Ils préservent la sensibilité des zones érogènes. Ils contribuent au désir sexuel. Ils favorisent le bien-être émotionnel.

Leur effondrement provoque plusieurs conséquences. Une sécheresse vaginale rend les rapports douloureux. Une perte de sensibilité génitale apparaît. Une baisse drastique du désir se manifeste. Une atrophie des tissus vaginaux se développe.

Chez les hommes : chute de la testostérone

La malnutrition provoque également un effondrement hormonal chez les hommes. Les testicules réduisent drastiquement leur production de testostérone. Les niveaux peuvent chuter à des valeurs prépubères. L’hypogonadisme (insuffisance testiculaire) s’installe.

La testostérone est l’hormone principale du désir sexuel masculin. Sa chute provoque plusieurs manifestations. Une perte totale ou quasi-totale de la libido survient. Des troubles de l’érection apparaissent (difficulté à obtenir ou maintenir une érection). Une réduction du volume testiculaire se produit. Une perte de la pilosité est observable. Une infertilité temporaire due à une oligospermie ou à une azoospermie se développe.

Ces symptômes sont une source de grande détresse pour les hommes, aggravant leur sentiment de « perte de virilité » et leur honte.

Perturbations thyroïdiennes

L’anorexie provoque une hypothyroïdie fonctionnelle à savoir un ralentissement du fonctionnement de la glande thyroïde. Les hormones T3 et T4 baissent. Le métabolisme général ralentit. Une fatigue extrême s’installe. La frilosité devient constante. Les troubles de l’humeur apparaissent.

Cette hypothyroïdie contribue aussi à la baisse de libido en aggravant la fatigue et la dépression, en ralentissant toutes les fonctions corporelles.

Hypercortisolémie chronique

Le stress physiologique de la famine maintient le cortisol (hormone du stress) chroniquement élevé. Le cortisol inhibe la production d’hormones sexuelles et supprime le désir sexuel. Il maintient la personne dans un état d’alerte incompatible avec la détente nécessaire à la sexualité.

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Réversibilité avec la renutrition

Ces perturbations hormonales sont généralement réversibles avec une renutrition adéquate. Les hormones sexuelles remontent progressivement. Les règles reviennent chez les femmes, souvent 3 à 6 mois après restauration d’un poids santé. La testostérone se normalise chez les hommes. La libido peut alors se rétablir.

Cependant, cette récupération prend du temps, de plusieurs mois à un an, et n’est pas automatique. En effet, même après une normalisation hormonale, des facteurs psychologiques peuvent maintenir la baisse de libido.

Conséquences psychologiques (image corporelle, estime de soi)

Au-delà des hormones, des facteurs psychologiques majeurs affectent la sexualité dans l’anorexie.

Distorsion de l’image corporelle

La personne anorexique se perçoit comme « grosse » ou « dégoûtante » même à un poids dangereusement bas. Cette perception déformée rend impossible l’acceptation de l’idée que le partenaire puisse trouver son corps désirable.

Une honte intense de se montrer dans l’intimité apparaît, avec évitement de toute nudité même partielle. Le besoin de cacher son corps sous des vêtements amples domine et une anxiété panique se manifeste à l’idée qu’on le touche.

Estime de soi effondrée

L’anorexie détruit l’estime de soi. Un sentiment de ne rien valoir s’installe. La conviction de ne mériter ni l’amour ni le désir domine. Une auto-dévalorisation constante opère en permanence.

Cette estime de soi au plus bas rend inconcevable l’idée d’être désirable et d’avoir une sexualité épanouie.

Peur de perdre le contrôle

La sexualité implique un lâcher-prise, une perte de contrôle temporaire, un abandon aux sensations corporelles. Pour une personne anorexique dont toute la vie est organisée autour du contrôle obsessionnel, cette perspective est terrifiante.

La sexualité devient une menace vis-à-vis du système de contrôle rigide sur lequel repose l’équilibre précaire de l’anorexique.

Traumatismes sexuels

Un pourcentage significatif de personnes anorexiques (30 à 50% selon les études) ont vécu des abus sexuels ou des agressions. L’anorexie peut être inconsciemment une tentative de « disparaître », de devenir non-désirable, de reprendre le contrôle sur un corps violé.

Ces traumatismes non traités créent une aversion profonde envers la sexualité. La peur, le dégoût, les flashbacks, et l’impossibilité de se détendre se manifestent.

Dépression et anhédonie

La dépression, fréquemment associée à l’anorexie, provoque une anhédonie, à savoir une incapacité à ressentir du plaisir. Cette anhédonie s’étend à tous les domaines, y compris la sexualité.

Rien ne procure de plaisir, pas même ce qui était auparavant source de joie ou d’excitation.

Fatigue et épuisement

La fatigue chronique liée à la malnutrition ne laisse littéralement aucune énergie pour la sexualité. La personne est trop épuisée pour avoir envie de quoi que ce soit au-delà de survivre jour après jour.

Témoignages de patients

Les récits de personnes ayant traversé cette expérience illustrent la réalité de ces difficultés.

Sophie, 28 ans

« Pendant mes 5 ans d’anorexie, j’ai complètement oublié ce qu’était le désir. Mon corps ne ressentait plus rien. Mes règles avaient disparu depuis longtemps. Mon petit ami de l’époque a fini par partir, il ne comprenait pas. Moi non plus d’ailleurs.

Je me souviens avoir pensé que je deviendrais peut-être asexuelle à vie. Que cette partie de moi était morte. Aujourd’hui, après 3 ans de rémission, ma sexualité revient progressivement. Mais ça prend du temps. Il a fallu d’abord réapprendre à habiter mon corps, à ne plus en avoir honte. »

Marc, 24 ans

« Perdre ma libido a été l’un des aspects les plus difficiles de l’anorexie pour moi. En tant qu’homme, c’était comme perdre une partie de mon identité. Je n’avais plus d’érections, plus aucun désir. J’évitais toute intimité par honte.

Ma testostérone était au niveau d’un enfant prépubère. Les médecins m’ont expliqué que c’était réversible si je prenais du poids. Ça m’a motivé. Aujourd’hui, un an après avoir retrouvé un poids santé, ma libido revient doucement. C’est encourageant. »

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Emma, 32 ans

« Mon anorexie a commencé après une agression sexuelle. Je voulais disparaître, ne plus être désirable. La perte de libido était presque un soulagement au début. Plus de désir = plus de vulnérabilité.

Mais après ma guérison, j’ai réalisé que j’avais aussi perdu quelque chose de précieux. La thérapie m’a aidée à traiter le trauma et à reconstruire une sexualité saine, sur mes propres termes. C’est possible, mais ça demande du temps et du soutien. »

Solutions et accompagnements possibles

Plusieurs approches peuvent aider à restaurer progressivement une sexualité épanouie.

Renutrition et restauration pondérale

C’est la base essentielle. Sans renutrition, il est impossible de normaliser les hormones. Une restauration progressive d’un poids santé est nécessaire. L’objectif d’un indice de masse corporelle (IMC) situé au-dessus de 18,5 minimum doit être atteint. La patience est requise car les hormones mettent du temps à se rétablir, le délai étant de l’ordre de plusieurs mois.

Suivi endocrinologique

Un suivi hormonal peut être utile. Des dosages réguliers des hormones sexuelles et de la thyroïde sont effectués. Parfois, une supplémentation hormonale temporaire est nécessaire (œstrogènes chez certaines femmes, testostérone chez certains hommes), sous stricte supervision médicale.

Psychothérapie individuelle

Un travail psychologique approfondi est crucial. Il porte sur l’image corporelle et l’acceptation de soi. Le traitement des traumatismes sexuels, s’ils sont présents, peut être réalisé avec l’EMDR thérapie basée sur les mouvements oculaires (Eyes movement desensitization and reprocessing) et par thérapie centrée trauma. La déconstruction des croyances dysfonctionnelles sur la sexualité est entreprise. La reconnexion progressive avec le corps et les sensations est travaillée.

L’accompagnement proposé par Oser le Changement avec la méthode A.N.C (Activation Neuronale du Changement) peut aider à travailler sur les émotions et blocages profonds liés à la sexualité et à l’image corporelle. Il s’agit d’un accompagnement complémentaire au suivi médical et psychothérapeutique indispensable.

Thérapie de couple

Si la personne est en couple, une thérapie conjointe peut apporter une aide précieuse. Pour cela, une communication ouverte sur les difficultés est initiée, avec notamment, une éducation du partenaire sur l’anorexie et ses effets. La reconstruction progressive de l’intimité non seulement sexuelle mais aussi affective, est effectuée, avec entre autres un travail sur la gestion des frustrations et des attentes. Il est essentiel que la patience et la bienveillance mutuelle soient cultivées.

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Sexothérapie

Une sexothérapie spécialisée peut être bénéfique après l’acquisition d’un certain niveau de  rétablissement de l’anorexie. Le réapprentissage de la connexion au corps est proposé. Des techniques de pleine conscience corporelle (body scan, mindfulness) sont enseignées ainsi que la pratique d’exercices progressifs de réappropriation du corps. Un travail sur le plaisir, sans notion de performance, est entrepris.

Reconnexion corporelle progressive

Des approches corporelles douces peuvent aider. Le yoga thérapeutique s’avère bénéfique, ainsi que la danse-thérapie. Le massage thérapeutique peut être proposé. Toute activité aidant à se reconnecter positivement à son corps est à encourager.

Éducation et normalisation

Il est crucial de normaliser les difficultés éprouvées dans le domaine sexuel. Il importe de préciser que cet effondrement de libido est une conséquence attendue et fréquente de l’anorexie. Il faut clairement expliquer à la personne que ce n’est pas « anormal » et que rien en elle n’est « cassé ». La honte et la culpabilité peuvent être réduites petit à petit, et la récupération est tout à fait possible même si elle prend du temps. 

Patience et bienveillance

La récupération de la libido et d’une sexualité épanouie est un processus lent. C’est pourquoi il est important de ne pas se mettre la pression pour « redevenir comme avant ». Au contraire, il faut célébrer les petits progrès et accepter que la sexualité post-anorexie puisse être différente d’avant, mais tout aussi valable. Se donner le droit de redéfinir sa sexualité selon ses propres termes est le message essentiel à retenir pour cette reconstruction.

Message d’espoir

La grande majorité des personnes qui guérissent de l’anorexie retrouvent progressivement une vie sexuelle satisfaisante. Celle-ci peut même parfois s’avérer plus épanouie qu’avant car construite sur une meilleure connaissance et acceptation de soi. La patience, le soutien professionnel, et la bienveillance envers soi-même sont les clés.

Source 1 : American Psychiatric Association (APA) – Sexual Dysfunction in Eating Disorders – https://www.psychiatry.org/

Source 2 : Journal of Sexual Medicine – Sexual Function in Anorexia Nervosa – https://www.jsm.jsexmed.org/

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