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Le 16 avril, 2026 par Marion Boisselière

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Pourquoi l’anorexie est fréquente chez les patients atteints de cancer ?

L’anorexie, dans le contexte du cancer, désigne la perte d’appétit et le manque d’intérêt pour la nourriture qui touchent entre 40 et 80% des patients cancéreux selon le type et le stade de la maladie. Ce symptôme, radicalement différent de l’anorexie mentale, résulte de mécanismes biologiques complexes impliquant la tumeur elle-même, les traitements anticancéreux, et l’inflammation systémique. 

L’anorexie cancéreuse s’inscrit souvent dans un syndrome plus large appelé cachexie cancéreuse, caractérisé par une perte de poids involontaire, une fonte musculaire, et une détérioration de l’état général. Cette complication nutritionnelle majeure affecte significativement la qualité de vie, la tolérance aux traitements, et le pronostic des patients. 

Comprendre ses causes et sa prise en charge est essentiel pour améliorer les soins oncologiques. Après avoir exploré les effets psychologiques de l’anorexie, il est important de distinguer cette condition de l’anorexie liée au cancer et d’en comprendre les mécanismes spécifiques.

En bref 

– L’anorexie est fréquente chez les patients atteints de cancer

– Elle est différente de l’anorexie mentale

– Elle est liée à la maladie, aux traitements et à l’inflammation

– Elle s’inscrit souvent dans la cachexie cancéreuse

– Elle impacte la qualité de vie et le pronostic

C'était le résumé de ce que nous allons voir dans cet article 

Pourquoi l’anorexie survient-elle dans certains cancers ?

L’anorexie cancéreuse résulte de multiples mécanismes d’une part biologiques et d’autre part iatrogènes c’est-à-dire liés aux traitements.

Substances produites par la tumeur

Les cellules cancéreuses sécrètent des substances qui perturbent directement l’appétit et le métabolisme. Des cytokines pro-inflammatoires (interleukine-1, interleukine-6, TNF-alpha) agissent sur le cerveau pour supprimer l’appétit. Des facteurs tumoraux modifient le métabolisme. Des hormones paracrines qui contrairement aux hormones endocriniennes n’atteignent pas leur cible par le sang, affectent les centres de la faim et de la satiété dans l’hypothalamus.

Ces substances créent un état d’inflammation chronique systémique qui perturbe profondément la régulation de l’appétit.

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Obstruction mécanique

Certains cancers provoquent une obstruction du tube digestif. Des tumeurs de l’œsophage empêchent d’avaler. Des cancers gastriques réduisent la capacité de l’estomac. Des tumeurs intestinales provoquent une occlusion ou une sub-occlusion. Des compressions par des tumeurs abdominales peuvent survenir.

Ces obstructions rendent l’alimentation difficile, voire impossible, car elles créent une sensation de satiété précoce et des douleurs lors des repas.

Effets secondaires des traitements

La chimiothérapie et la radiothérapie provoquent de nombreux effets affectant l’alimentation. Des nausées et des vomissements intenses peuvent survenir. Une mucite (inflammation douloureuse de la bouche et de la gorge) apparaît souvent. Une dysgueusie (altération du goût) rend les aliments désagréables. Une xérostomie (bouche sèche) se manifeste. Des diarrhées ou constipation sévères se développent. Des douleurs abdominales se produisent.

Ces symptômes créent une aversion pour la nourriture et rendent les repas de la personne pénibles.

Perturbations métaboliques

Le cancer modifie profondément le métabolisme. Le métabolisme basal augmente (le corps brûle davantage de calories au repos). Une résistance à l’insuline se développe. Le métabolisme des protéines, lipides et glucides est altéré. Une production excessive de lactate par les tumeurs perturbe l’appétit.

Ces changements métaboliques contribuent à la perte d’appétit et à la cachexie.

Facteurs psychologiques

Le diagnostic de cancer crée un choc émotionnel majeur. Une anxiété et une dépression extrêmes apparaissent généralement. La peur de la mort s’installe, le stress du diagnostic et des traitements se manifeste. Un deuil anticipé se produit. Ces facteurs psychologiques affectent directement l’appétit.

Contrairement à l’anorexie mentale où la perte d’appétit est recherchée, ici elle est subie et constitue une source de détresse.

Cancers les plus concernés

Certains cancers sont particulièrement associés à l’anorexie. Les cancers digestifs (œsophage, estomac, pancréas, côlon) sont très touchés. Les cancers ORL (bouche, pharynx, larynx) le sont également. Le cancer du poumon présente souvent ce symptôme. Les cancers hématologiques avancés sont concernés. Les cancers métastatiques de tout type y sont sujets.

Plus le cancer est avancé, plus l’anorexie est fréquente et sévère.

Différence entre anorexie psychologique et anorexie liée au cancer

Ces deux conditions portent le même nom mais sont radicalement différentes.

Nature du trouble

Anorexie mentale : il s’agit d’un trouble psychiatrique avec restriction volontaire de l’alimentation. Une peur pathologique de prendre du poids domine. Une distorsion de l’image corporelle est présente. Un désir actif de maigrir existe.

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Anorexie cancéreuse : c’est un symptôme médical d’une maladie organique. Une perte involontaire d’appétit se manifeste. Une détresse face à l’incapacité de manger apparaît. Un désir de manger existe mais l’impossibilité de le faire persiste.

Mécanismes

Anorexie mentale : elle est principalement psychologique avec des conséquences biologiques secondaires. Un contrôle obsessionnel de l’alimentation s’exerce. Un évitement actif de la nourriture est pratiqué.

Anorexie cancéreuse : elle est principalement biologique (inflammation, substances tumorales, effets des traitements). Une perte passive d’appétit survient. Une incapacité physique de manger normalement se manifeste.

Perception de la nourriture

Anorexie mentale : la nourriture est vue comme une menace, une source d’anxiété. Un comptage obsessionnel des calories est pratiqué. Une restriction volontaire s’opère.

Anorexie cancéreuse : la nourriture est vue comme nécessaire mais repoussante. Une absence d’intérêt ou de plaisir à manger apparaît. Un dégoût physique non recherché se manifeste.

Image corporelle

Anorexie mentale : une distorsion majeure existe. La personne se voit « grosse » alors qu’elle présente une maigreur objective. Une obsession de la minceur domine.

Anorexie cancéreuse : une conscience réaliste de l’amaigrissement est présente chez la personne. Une détresse face à la perte de poids se manifeste. Un désir de reprendre du poids existe la plupart du temps.

Pronostic et traitement

Anorexie mentale : un traitement psychiatrique et nutritionnel au long cours est nécessaire. Une rémission est possible avec une thérapie appropriée. Des complications cardio-vasculaires et osseuses peuvent survenir

Anorexie cancéreuse : un traitement de la cause à savoir le cancer, et un traitement nutritionnel s’imposent. Le pronostic est lié au cancer sous-jacent. Des complications liées à la dénutrition aggravent le pronostic cancéreux.

Coexistence possible

Dans de rares cas, une personne avec antécédents d’anorexie mentale peut développer un cancer. Cette situation complexe nécessite une prise en charge intégrée psychiatrique et oncologique. Une vigilance accrue sur l’état nutritionnel s’impose. La distinction est difficile entre symptômes de l’anorexie mentale et du cancer.

Conséquences sur l’état nutritionnel

L’anorexie cancéreuse a des répercussions graves sur la santé et le pronostic vital.

Dénutrition progressive

La perte d’appétit conduit à une malnutrition sévère. Les apports caloriques sont insuffisants. Des carences en protéines, vitamines et minéraux apparaissent. Une perte de poids involontaire souvent rapide (supérieure à 5% en 1 mois) survient. Une fonte musculaire (sarcopénie) se développe.

Cachexie cancéreuse

L’anorexie s’inscrit souvent dans la cachexie, syndrome complexe caractérisé par plusieurs éléments. Une perte de poids supérieure à 5% en 6 mois ou un indice de masse corporelle

(IMC) inférieur à  20 avec une perte supérieure à 2% se produisent. Une fonte musculaire importante apparaît. Une inflammation systémique se manifeste. Une résistance aux interventions nutritionnelles classiques s’observe.

La cachexie touche 50 à 80% des patients cancéreux avancés et elle est associée à un pronostic sombre.

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Impact sur le traitement du cancer

La dénutrition compromet l’efficacité des traitements. Une moins bonne tolérance à la chimiothérapie et à la radiothérapie se manifeste. Une augmentation des complications post-opératoires survient. La nécessité d’interrompre ou de réduire les doses de traitement apparaît parfois. Un retard de cicatrisation se produit et les infections sont plus fréquentes.

Les patients qui réussissent à bien se nourrir ont de meilleurs résultats thérapeutiques.

Détérioration de la qualité de vie

La malnutrition aggrave tous les symptômes. Une fatigue extrême s’installe. Une faiblesse musculaire se développe. Des difficultés à accomplir les activités quotidiennes apparaissent. Un isolement social survient souvent avec l’évitement des situations impliquant de la nourriture. La dépression s’aggrave.

Augmentation de la mortalité

La cachexie cancéreuse est directement responsable de 20 à 30% des décès par cancer. Le décès survient non par la tumeur elle-même mais par ses conséquences nutritionnelles. Des complications infectieuses se développent sur un terrain dénutri. Des défaillances d’organes apparaissent.

Prise en charge médicale (nutrition, soins de support)

La prise en charge de l’anorexie cancéreuse nécessite une approche multidisciplinaire.

Évaluation nutritionnelle

Une évaluation systématique est essentielle. Une mesure du poids et un calcul de l’IMC sont effectués. Une estimation de la perte de poids (pourcentage et vitesse) est réalisée. Une mesure de la masse musculaire est également pratiquée par scanner. Un bilan biologique avec mesure du marqueur le plus utilisé dans les cas de dénutrition à savoir albumine et préalbumine, est effectué. Une évaluation de l’appétit et des apports alimentaires est menée.

Conseils nutritionnels

Un diététicien oncologique peut apporter une aide précieuse. Un fractionnement des repas (6 petits repas plutôt que 3 gros) est conseillé. Un enrichissement des aliments (ajout de crème, huile, poudre de protéines) est proposé. Les aliments à haute densité énergétique sont à  privilégier. Une adaptation des textures en cas de troubles de la déglutition peut être faite. Une gestion des symptômes comme une prise d’anti-nauséeux avant les repas est assurée.

Compléments nutritionnels oraux

Des CNO (compléments nutritionnels oraux) peuvent compléter l’alimentation. Des boissons hyperprotéinées et hypercaloriques sont proposées. Une variété de saveurs limite la lassitude. Ils sont pris plusieurs fois par jour entre les repas. L’objectif est d’apporter 400-600 kcal et 30-40g de protéines supplémentaires.

Nutrition entérale

Si l’alimentation orale est impossible ou très insuffisante, plusieurs options existent. Une sonde nasogastrique permet une nutrition de courte durée. Une gastrostomie, avec une sonde directement placée dans l’estomac, peut assurer la nutrition prolongée. Cette nutrition est alors assurée de façon continue ou par bolus c’est-à-dire par intermittence. Des formules nutritionnelles adaptées sont utilisées.

Nutrition parentérale

En dernier recours, si le tube digestif ne fonctionne pas, la nutrition se fait par voie intraveineuse. Tous les nutriments nécessaires sont administrés. Une surveillance médicale stricte s’impose. Elle est utilisée en cas d’obstruction digestive complète ou de mucosité sévère empêchant toute nutrition entérale.

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Traitement pharmacologique

Certains médicaments peuvent stimuler l’appétit. Des corticoïdes (dexaméthasone, prednisolone) sont utilisés à court terme. Des progestatifs tels que l’acétate de mégestrol augmentent l’appétit. Les cannabinoïdes médicaux qui sont disponibles dans certains pays peuvent aussi être utilisés. Le métoclopramide peut aider en cas de gastroparésie, à savoir quand la digestion ne se fait pas et que les aliments restent dans l’estomac pendant des heures. Ces traitements ont une efficacité limitée et présentent malheureusement des effets secondaires.

Gestion des symptômes

Il faut traiter les causes aggravantes de l’anorexie cancéreuse. Des anti-nausées efficaces existent (ondansétron, métoclopramide) et sont prescrits. Le traitement de la mucite par bains de bouche et antalgiques doit également être assuré. La gestion de la douleur est primordiale, ainsi que le traitement de la dépression et de l’anxiété.

Activité physique adaptée

Paradoxalement, l’exercice modéré peut aider. Il stimule l’appétit, préserve la masse musculaire et améliore l’humeur. Des programmes spécifiques encadrés avec de l’activité physique adaptée sont proposés.

Soutien psychologique

Un accompagnement psychologique est crucial. Il permet de gérer l’anxiété liée au cancer. Il aide à traiter la dépression. Il accompagne l’acceptation des aides nutritionnelles. Il travaille sur le sens et la qualité de vie.

L’accompagnement proposé par Oser le Changement avec la méthode A.N.C (Activation Neuronale du Changement) peut aider à travailler sur les émotions liées au diagnostic et aux traitements. Il s’agit d’un accompagnement complémentaire au suivi oncologique et nutritionnel indispensable.

Témoignages de patients

Les récits de patients illustrent la réalité de l’anorexie cancéreuse.

Marie, 58 ans, cancer du pancréas

« Après le diagnostic, j’ai perdu complètement l’appétit. Tout me dégoûtait. Je savais que je devais manger pour garder des forces, mais c’était impossible. Chaque bouchée était un effort immense.

Ma famille était désespérée de me voir maigrir. Moi aussi. Je ne voulais pas perdre du poids, au contraire. Mais mon corps refusait la nourriture. Les compléments nutritionnels m’ont aidée. Et trouver quelques aliments que je pouvais tolérer. Petit à petit, ça s’est amélioré avec les traitements. »

Jean, 65 ans, cancer ORL

« La radiothérapie a rendu ma gorge tellement douloureuse que je ne pouvais plus avaler. Même l’eau passait difficilement. J’ai perdu 15 kg en 2 mois.

On m’a posé une sonde gastrique. Au début, j’étais réticent, ça me semblait une défaite. Mais ça m’a sauvé. Grâce à ça, j’ai pu continuer mes traitements. Aujourd’hui, la sonde est retirée et je remange normalement, mais ça a pris des mois. »

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Sophie, 42 ans, cancer du sein métastatique

« La chimio me donnait des nausées constantes. Tout avait un goût métallique horrible. Je ne pouvais rien manger pendant plusieurs jours après chaque cure.

L’équipe de soins de support a été formidable. Ils m’ont donné des anti-nausées plus efficaces, conseillé des aliments froids plus tolérables, aidé à fractionner mes repas. Ça ne résout pas tout, mais ça rend les choses plus supportables. Je me bats pour manger parce que je sais que c’est essentiel pour continuer mes traitements. »

Ces témoignages montrent la détresse des patients face à cette perte d’appétit subie, leur volonté de s’alimenter malgré les difficultés, et l’importance du soutien médical et nutritionnel.

Source 1 : American Cancer Society – Nutrition for People with Cancer – https://www.cancer.org/

Source 2 : European Society for Clinical Nutrition and Metabolism (ESPEN) – Cancer Cachexia Guidelines – https://www.espen.org/

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