Pourquoi l’anorexie entraîne une anémie ?

L’anémie est, selon les études, une complication fréquente de l’anorexie mentale touchant environ 20 à 40% des personnes souffrant de ce trouble alimentaire. Cette condition, caractérisée par un nombre insuffisant de globules rouges ou d’hémoglobine dans le sang, résulte directement de la restriction alimentaire sévère et des carences nutritionnelles multiples qu’elle provoque. L’anémie aggrave considérablement les symptômes de l’anorexie en intensifiant la fatigue, les vertiges, les difficultés de concentration, et compromet davantage la santé déjà fragile de la personne dénutrie. 

Comprendre le lien entre anorexie et anémie, ses mécanismes, ses manifestations et son traitement est essentiel pour une prise en charge globale efficace. Après avoir exploré les effets psychologiques de l’anorexie, il est important de comprendre comment ce trouble affecte aussi profondément le sang et ses fonctions vitales.

Quel est le lien entre anorexie et anémie ?

L’anémie dans le contexte de l’anorexie résulte principalement des carences nutritionnelles massives causées par la restriction alimentaire sévère et prolongée.

Qu’est-ce que l’anémie ?

L’anémie se définit par une diminution du nombre de globules rouges (érythrocytes) ou de la concentration en hémoglobine dans le sang. L’hémoglobine est la protéine contenue dans les globules rouges qui transporte l’oxygène des poumons vers tous les tissus du corps. Les valeurs normales d’hémoglobine sont généralement supérieures à 12 g/dL chez les femmes adultes et 13 g/dL chez les hommes. En dessous de ces seuils, on parle d’anémie. Dans l’anorexie sévère, l’hémoglobine peut descendre à 8-10 g/dL, voire moins dans les cas extrêmes.

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H3 : Prévalence dans l’anorexie

Les études montrent que 20 à 40% des personnes anorexiques présentent une anémie détectable biologiquement. Ce pourcentage augmente avec la durée et la sévérité de la restriction. Dans les cas d’anorexie sévère et chronique sévissant depuis plusieurs années, jusqu’à 50-60% des patients peuvent être anémiés.

L’anémie est souvent modérée mais peut devenir sévère dans les cas de dénutrition extrême, nécessitant parfois des transfusions sanguines en urgence.

Types d’anémie observés

Plusieurs types d’anémie peuvent survenir dans l’anorexie, souvent simultanément. L’anémie ferriprive (par carence en fer) est la plus fréquente. L’anémie par carence en vitamine B12 et/ou acide folique (anémie mégaloblastique) se rencontre également. L’anémie par carence protéique affecte la production de globules rouges. L’anémie de la maladie chronique (inflammation liée à la dénutrition) peut aussi apparaître.

Mécanisme général

Le lien anorexie-anémie s’explique par une cascade de déficits. La restriction alimentaire drastique prive l’organisme des nutriments essentiels à la production de globules rouges et d’hémoglobine. La moelle osseuse qui est en quelque sorte l’usine de production des cellules sanguines du corps, manque de « matières premières » pour fabriquer des globules rouges sains et en quantité suffisante.

La durée de vie des globules rouges est d’environ 120 jours. Si les carences persistent, les vieux globules qui meurent naturellement ne sont pas remplacés en nombre suffisant, ce qui conduit progressivement à l’anémie.

Facteurs aggravants

Certains facteurs aggravent le risque d’anémie dans l’anorexie. Les menstruations qui persistent chez certaines femmes anorexiques causent des pertes de sang mensuelles sans qu’il y ait compensation de ces pertes. Des saignements digestifs liés aux carences ou aux abus de laxatifs peuvent exister. La malabsorption intestinale survient car l’intestin est abîmé par la malnutrition et de ce fait absorbe mal les nutriments. Les comportements purgatifs aggravent les carences.

Carences nutritionnelles en cause (fer, vitamines, protéines)

Plusieurs carences spécifiques contribuent au développement de l’anémie dans l’anorexie.

Carence en fer (anémie ferriprive)

Le fer est absolument essentiel à la production d’hémoglobine. C’est ce minéral qui est au cœur de la molécule d’hémoglobine et qui permet de fixer l’oxygène.

Dans l’anorexie, la carence en fer résulte de plusieurs facteurs. Les apports alimentaires sont insuffisants : les personnes anorexiques éliminent souvent de leur alimentation les viandes rouges alors qu’elles sont la meilleure source de fer héminique et présentent la meilleure absorption. Elles évitent aussi les légumineuses, les abats, et les fruits secs qui sont également source de fer. Même les légumes riches en fer comme les épinards et les lentilles sont souvent exclus ou consommés en quantités infimes.

Les pertes menstruelles non compensées aggravent le déficit chez les femmes qui ont encore leurs règles en début d’anorexie. La malabsorption intestinale réduit l’assimilation du fer alimentaire.

L’anémie ferriprive se caractérise biologiquement par plusieurs marqueurs. La ferritine qui est la protéine stockant les réserves de fer est basse. Le fer sérique, c’est-à-dire celui qui circule dans le sang, est également bas. La capacité totale de fixation de la transferrine est élevée. Les globules rouges sont microcytaires c’est-à-dire petits, et hypochromes donc pâles.

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Carence en vitamine B12 (cobalamine)

La vitamine B12 est essentielle à la maturation des globules rouges dans la moelle osseuse. Sa carence provoque une anémie mégaloblastique caractérisée par des globules rouges anormalement grands et dysfonctionnels.

Cette carence survient particulièrement chez les personnes anorexiques qui adoptent une alimentation végétalienne stricte c’est-à-dire excluant tout aliment d’origine animale. Or la vitamine B12 se trouve exclusivement dans les produits animaux : viandes, poissons, œufs, produits laitiers.

Les signes de carence incluent une anémie macrocytaire caractérisée par des globules rouges trop gros. Des troubles neurologiques apparaissent tels que des fourmillements, des engourdissements, et des troubles de l’équilibre. Une glossite qui consiste en une langue rouge et douloureuse, peut se manifester.

Carence en acide folique (vitamine B9)

L’acide folique (ou folate) est aussi crucial pour la production de globules rouges. Sa carence provoque également une anémie mégaloblastique.

Dans l’anorexie, la carence résulte de l’élimination des légumes verts à feuilles (épinards, brocolis, salades), des légumineuses (lentilles, pois chiches), et des fruits et céréales complètes. La cuisson excessive des rares légumes consommés détruit les folates qui sont thermosensibles.

Carence protéique

Les protéines sont nécessaires à la structure des globules rouges et à de nombreuses fonctions de la moelle osseuse. Une carence protéique sévère (kwashiorkor) affecte la production de cellules sanguines.

Les personnes anorexiques restreignent souvent drastiquement les protéines d’origine animale (viandes, poissons, œufs, produits laitiers) par peur des graisses et des calories. Par ailleurs, elles limitent également leur consommation de protéines végétales.

Autres carences contributives

D’autres nutriments jouent un rôle dans la production sanguine et leur carence va contribuer à l’aggravation de l’état d’anémie de l’anorexique. Ainsi la vitamine B6 (pyridoxine) est nécessaire à la synthèse de l’hème (l’hème de l’hémoglobine est la substance qui fixe l’oxygène au niveau des poumons et le conduit vers les tissus). La vitamine C favorise l’absorption du fer. Le cuivre participe à l’utilisation du fer. La vitamine E protège les globules rouges. Le zinc est impliqué dans de nombreuses fonctions cellulaires.

La malnutrition globale de l’anorexie crée donc un contexte où de multiples carences contribuent simultanément à l’anémie.

Symptômes d’anémie chez une personne anorexique

L’anémie provoque des symptômes spécifiques qui s’ajoutent à ceux de l’anorexie, aggravant le tableau clinique.

Fatigue extrême

La fatigue est le symptôme cardinal de l’anémie. Elle résulte du manque d’oxygène délivré aux tissus. La personne ressent un épuisement dès le moindre effort. Elle a un besoin de dormir excessif malgré des nuits longues. Elle a une sensation de « batteries vides ». Elle éprouve une difficulté à accomplir les tâches quotidiennes basiques.

Cette fatigue s’ajoute à celle causée par la malnutrition elle-même, créant un état d’épuisement profond et invalidant.

Pâleur marquée

Le manque d’hémoglobine donne une pâleur caractéristique. La peau est très pâle, presque translucide. Les conjonctives, c’est-à-dire l’intérieur des paupières, sont blanches au lieu d’être normalement rosées. Les lèvres sont décolorées. Les ongles sont pâles. Les muqueuses buccales sont blanchâtres.

Cette pâleur est souvent plus marquée que celle de la simple dénutrition sans anémie.

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Essoufflement et tachycardie

Le cœur tente de compenser le manque d’oxygène en battant plus vite et en pompant plus fort. Un essoufflement apparaît au moindre effort comme monter des escaliers ou marcher un peu vite. Une tachycardie, c’est–dire des battements de cœur plus rapides que la normale, persiste même au repos. La personne ressent une sensation de cœur qui « cogne » dans la poitrine. Elle a une difficulté à récupérer après l’effort.

Paradoxalement, malgré cette tachycardie compensatrice, certaines personnes anorexiques présentent aussi une bradycardie, soit un rythme très lent des battements cardiaques,  liée à la dénutrition. Tout cela crée une situation cardiaque complexe.

Vertiges et malaises

Le manque d’oxygène au niveau du cerveau provoque des vertiges fréquents. Des étourdissements surviennent en se levant d’une position couchée ou assise : ils sont le signe d’une hypotension orthostatique aggravée. Une sensation de tête qui tourne apparaît. Des malaises peuvent se produire, parfois des syncopes. Des « mouches » devant les yeux sont perçues fréquemment.

Difficultés de concentration

Le cerveau, grand consommateur d’oxygène, souffre particulièrement de l’anémie. Des difficultés à se concentrer apparaissent. Un « brouillard mental » s’installe. Les troubles de la mémoire s’aggravent. Une lenteur de la pensée se manifeste. Les difficultés scolaires ou professionnelles s’accentuent.

Ces symptômes cognitifs issus de la mauvaise oxygénation du cerveau dûe à l’anémie s’ajoutent à ceux causés par la malnutrition cérébrale directe.

Céphalées

Les maux de tête sont fréquents dans l’anémie. Des céphalées diffuses ou en casque surviennent. Elles sont accentuées par l’effort. Elles sont soulagées temporairement par le repos.

Frilosité aggravée

L’anémie aggrave la frilosité déjà présente dans l’anorexie. Une sensation permanente de froid s’installe. Les extrémités sont glacées. La personne a une difficulté à se réchauffer même avec plusieurs couches de vêtements.

Autres symptômes spécifiques

Selon le type d’anémie, d’autres signes peuvent apparaître. Le pica qui est l’envie de manger des substances non alimentaires comme la glace, survient dans la carence en fer. Une glossite caractérisée par une langue rouge et douloureuse apparaît dans les carences en B12 ou folates. Les ongles deviennent cassants et concaves (koïlonychie) dans le cas d’une carence en fer sévère. Une perlèche, c’est-à-dire des fissures aux coins des lèvres, se manifeste dans les carences multiples.

Conséquences sur la santé

L’anémie dans le contexte de l’anorexie a des répercussions graves qui dépassent les symptômes immédiats.

Aggravation de la fonction cardiaque

Le cœur déjà fragilisé par la dénutrition doit travailler plus pour compenser le manque d’oxygène. Or une surcharge de travail du cœur est susceptible de conduire à une insuffisance cardiaque. Les troubles du rythme s’aggravent. Le risque d’arrêt cardiaque augmente, particulièrement si l’anémie est sévère.

Compromission du système immunitaire

L’anémie, surtout si elle est liée à des carences multiples, affaiblit encore les défenses immunitaires déjà compromises par la malnutrition. Les infections deviennent plus fréquentes et plus graves. La cicatrisation est ralentie. La vulnérabilité s’accroît.

Retard de croissance chez les jeunes

Chez les enfants et adolescents anorexiques, l’anémie compromet la croissance et le développement. Le retard statural s’aggrave et l’évolution pubertaire est entravée. Le développement cognitif est affecté. L’oxygénation insuffisante affectant la formation osseuse, une ostéoporose précoce apparaît.

Détérioration cognitive persistante

L’hypoxie cérébrale chronique, c’est-à-dire un manque persistant d’oxygène au niveau du cerveau, peut causer des dommages durables. Des troubles de mémoire persistants s’installent. Des difficultés d’apprentissage se manifestent. Un ralentissement cognitif apparaît. Dans les cas sévères, des lésions cérébrales partiellement irréversibles sont possibles.

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Complications obstétricales futures

Chez les jeunes femmes, l’anémie chronique durant l’anorexie peut avoir des conséquences à long terme sur la fertilité et les grossesses futures. Les réserves en fer sont épuisées, rendant les grossesses ultérieures à risque. Le risque d’anémie sévère pendant la grossesse augmente. Des complications pour le fœtus tels un retard de croissance et une prématurité peuvent survenir.

Ralentissement de la guérison

L’anémie ralentit paradoxalement le rétablissement de l’anorexie. La fatigue extrême réduit la motivation et l’énergie pour s’engager dans le traitement. Les troubles cognitifs limitent l’efficacité de la psychothérapie. La faiblesse physique empêche la reprise d’activités normales. Le cercle vicieux s’auto-entretient : anémie → fatigue → difficulté à s’alimenter → aggravation de l’anémie.

Traitement de l’anémie

La prise en charge de l’anémie dans l’anorexie nécessite une approche spécifique.

Renutrition globale

La renutrition globale constitue la base essentielle. Il faut restaurer une alimentation équilibrée et suffisante. La réintroduction progressive de tous les groupes d’aliments est nécessaire. L’augmentation des apports caloriques et protéiques doit être mise en place.

Supplémentation ciblée

La supplémentation ciblée selon les carences identifiées est souvent nécessaire. Le fer oral (sulfate ferreux, fumarate ferreux) est donné si une carence en fer est présente. Il doit être pris à distance des repas pour optimiser l’absorption. Il est associé à de la vitamine C pour améliorer l’assimilation. La prudence est recommandée car il existe des effets secondaires digestifs comme la constipation et les nausées qui peuvent nécessiter un ajustement.

La vitamine B12 est administrée en injections si la carence est sévère car dans ce cas l’absorption orale est compromise. Puis un relais oral ou sublingual est possible. L’acide folique est donné par voie orale. Une supplémentation multivitaminée couvre l’ensemble des besoins.

Transfusion sanguine

Dans les cas sévères, une transfusion sanguine peut être nécessaire en urgence. Elle s’impose si l’hémoglobine descend sous 7-8 g/dL avec des symptômes graves. Elle est indiquée en cas de complications cardiaques. Elle est nécessaire s’il faut une correction rapide avant une intervention chirurgicale.

Suivi biologique régulier

Le suivi biologique régulier est essentiel. Un hémogramme (numération formule sanguine) doit être fait toutes les 2-4 semaines initialement. Le dosage de la ferritine, B12 et folates est réalisé. La supplémentation est ajustée selon l’évolution.

L’accompagnement proposé par Oser le Changement avec la méthode A.N.C (Activation Neuronale du Changement) peut aider à travailler sur les émotions et les déclencheurs qui maintiennent la restriction alimentaire, facilitant ainsi la renutrition nécessaire à la correction

de l’anémie. Il s’agit d’un accompagnement complémentaire au suivi médical et nutritionnel indispensable.

Avec une renutrition appropriée et une supplémentation ciblée, l’anémie se corrige généralement en quelques mois, contribuant ainsi à améliorer significativement l’état général de la personne et à faciliter la guérison de l’anorexie.

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RDV d'ACCUEIL PERSONNALISÉ RDV d'information préalable

Source 1 : Fédération Française Anorexie Boulimie (FFAB) – Prévention et dangers des contenus pro-ana
Source 2 : Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) – Anorexie mentale : risques et complications – https://www.inserm.fr/

En savoir plus :

Voir aussi :

Source 1 : Organisation Mondiale de la Santé (OMS) – Anemia: Prevention, Assessment and Control – https://www.who.int/

Source 2 : National Heart, Lung, and Blood Institute (NHLBI) – Anemia and Malnutrition – https://www.nhlbi.nih.gov/

Voir aussi :