Pourquoi l’anorexie peut aussi mener à une prise de poids ?
Le lien entre anorexie et prise de poids peut sembler paradoxal à première vue, puisque l’anorexie mentale est principalement caractérisée par une restriction alimentaire sévère et une perte de poids importante. Pourtant, certaines personnes souffrant d’anorexie peuvent effectivement prendre du poids, et ce pour plusieurs raisons : cycles de restriction-compulsion créant un effet yo-yo, ralentissement métabolique extrême transformant le moindre apport en stockage, transition vers une boulimie avec crises alimentaires, ou simplement reprise pondérale naturelle pendant le processus de guérison.
Cette possibilité de prise de poids, bien qu’étant souvent temporaire ou constituant un signe de rétablissement, peut être extrêmement difficile à vivre psychologiquement pour la personne anorexique. Elle est en effet susceptible de déclencher panique, culpabilité et au final un risque de rechute.
Comprendre ces mécanismes est essentiel pour anticiper, accepter et gérer cette étape souvent inévitable du parcours de soin. Après avoir exploré les clés pour se libérer de l’anorexie, il est important de comprendre ce phénomène apparemment contradictoire mais en réalité fréquent.
En bref
– L’anorexie implique souvent une forte restriction alimentaire
– Une prise de poids peut parfois survenir malgré le trouble
– Plusieurs mécanismes peuvent expliquer ce phénomène
– Cette prise de poids peut être psychologiquement difficile
– Comprendre ce processus aide le parcours de soin
C'était le résumé de ce que nous allons voir dans cet article

Dans quelles situations l’anorexie peut-elle entraîner une prise de poids ?
La prise de poids est donc non seulement possible, mais relativement fréquente dans certaines circonstances.
Prise de poids thérapeutique lors du rétablissement
La prise de poids est normale et souhaitable lors du processus vers la guérison. La restauration d’un poids santé est nécessaire au rétablissement et une reprise pondérale progressive accompagne la renutrition. Un retour à un IMC >18,5 minimum est visé. Cette prise de poids est donc un signe positif de guérison et, bien que anxiogène pour la personne, elle est nécessaire et thérapeutique, encadrée par les professionnels de santé.
Cycles de restriction et compulsion
Certaines personnes alternent entre restriction sévère et crises alimentaires. Des périodes d’anorexie restrictive pure se produisent. Elles sont suivies de craquages compulsifs, parfois lors de véritables crises de boulimie. Ce pattern (comportement répétitif) peut conduire à une prise de poids malgré une restriction globale importante. On parle alors d’anorexie avec crises de boulimie ou vomissements (type purgatif).
Évolution vers la boulimie
Environ 50% des personnes anorexiques évoluent vers la boulimie à un moment de leur parcours. L’anorexie restrictive devient insoutenable à maintenir. Les crises de boulimie deviennent fréquentes. Une perte de contrôle alimentaire s’installe progressivement. La prise de poids peut alors être rapide. Cette transition est une complication fréquente du trouble, non une guérison.

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RDV d'information préalable RDV d'information préalableAutres situations de prise de poids
Lors de l’arrêt de comportements purgatifs, si la personne utilisait des vomissements ou des laxatifs, l’arrêt de ces purges, qu’il soit spontané ou thérapeutique, entraîne des changements. Le corps retient davantage l’eau et les nutriments. Une prise de poids apparente survient, souvent une rétention hydrique initiale. Puis une stabilisation à un poids plus élevé se produit.
Dans l’anorexie atypique, le DSM-5, (manuel international de diagnostic et statistique des troubles mentaux) fait état de la présence de tous les critères de l’anorexie, excepté celui du poids bas. La personne reste dans une fourchette de poids « normale » ou même élevée, malgré une restriction sévère et une peur intense de grossir. Ce cas de figure se rencontre notamment après une perte de poids importante depuis un surpoids initial. Ces personnes souffrent d’anorexie mentale authentique malgré un poids qui n’est pas bas.
Les mécanismes physiologiques de la prise de poids
Plusieurs mécanismes physiologiques et comportementaux expliquent cette prise de poids apparemment paradoxale.
L’effet yo-yo et le ralentissement métabolique
Les cycles répétés de restriction-compulsion créent un effet yo-yo bien connu. Une restriction sévère dure pendant des jours ou des semaines. Un craquage alimentaire survient avec une ingestion importante. Une culpabilité intense apparaît, suivie d’un retour à une restriction encore plus sévère. Un nouveau craquage devient inévitable. Ce cycle répété favorise une prise de poids progressive malgré une restriction alimentaire globale. Le corps s’adapte en stockant davantage lors des phases d’apport.
Face à la famine prolongée, le métabolisme ralentit drastiquement. Une diminution du métabolisme basal, à savoir la quantité de calories brûlées au repos, peut aller jusqu’à 30-40%. Le corps économise au maximum l’énergie disponible. Quand l’alimentation reprend, que ce soit volontaire ou lors de craquages, ce métabolisme basal ralenti transforme en réserve graisseuse une plus grande proportion des apports alimentaires. Le ralentissement peut persister des mois après la reprise d’une alimentation normale.
Perturbations hormonales et compulsions
La dénutrition chronique perturbe la régulation hormonale du corps. Une résistance à l’insuline, l’hormone régulant le glucose dans le sang, se développe. Une perturbation de la leptine, hormone de la satiété, apparaît. Le cortisol, hormone du stress, reste chroniquement élevé, favorisant ainsi le stockage abdominal. Ces dysfonctionnements favorisent la prise de poids et un stockage préférentiel de graisse.

La restriction extrême génère une faim physiologique et psychologique intense. Des obsessions alimentaires envahissantes se développent. Une perte de contrôle survient lors des craquages. Une ingestion rapide de grandes quantités a alors lieu, accompagnée d’une impossibilité de s’arrêter une fois que ce remplissage alimentaire a commencé. Ces épisodes compulsifs apportent à l’organisme une quantité importante de calories en très peu de temps.
Rétention hydrique et redistribution corporelle
Plusieurs facteurs provoquent une rétention d’eau temporaire. Des déséquilibres des électrolytes, c’est-à-dire les minéraux dans le sang, surviennent. Le syndrome de renutrition entraîne une rétention hydrique temporaire et l’arrêt des laxatifs ou des diurétiques provoque un rebond hydrique. Cette rétention hydrique peut ajouter 2 à 5 kg de poids corporel temporairement. Bien que transitoire, elle est vécue comme une prise de poids catastrophique par la personne anorexique.
Lors de la renutrition, la composition corporelle change. Une perte de masse musculaire s’est produite initialement en raison du catabolisme, à savoir la destruction des muscles destinée à fournir de l’énergie au corps afin de pallier l’insuffisance des apports alimentaires. Avec la renutrition, la reprise pondérale commence souvent par de la graisse car elle est plus facile à stocker pour le corps, tandis que la masse musculaire se reconstruit plus lentement. Temporairement, le pourcentage de graisse corporelle est donc plus élevé qu’avant l’anorexie. Cette phase est normale et transitoire.

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En savoir plus En savoir plusDistinguer prise de poids saine et problématique
Il est crucial de distinguer la prise de poids thérapeutique de la prise de poids problématique.
La reprise de poids dans le cadre de la guérison
Cette prise de poids est positive et nécessaire. Elle est supervisée médicalement par l’équipe soignante. Elle est progressive et contrôlée. Elle vise un poids de santé permettant des fonctions physiologiques normales (retour des règles, énergie, concentration, etc.). Elle s’accompagne d’une amélioration psychologique progressive. Une récupération fonctionnelle se produit. Même si elle est difficile à vivre émotionnellement, elle est un signe concret de guérison.
La prise de poids dans les cycles pathologiques
Cette prise de poids est problématique. Elle n’est pas contrôlée médicalement puisqu’elle résulte de compulsions alimentaires. Elle s’accompagne d’une détresse psychologique accrue. Un maintien des pensées et comportements anorexiques ou boulimiques persiste. Aucune amélioration du bien-être global n’est constatée. Elle nécessite un ajustement du traitement par l’équipe médicale.
Le poids d’équilibre naturel
Chaque corps possède un poids d’équilibre génétiquement déterminé, appelé « set point » en anglais. C’est le poids où le corps fonctionne de façon optimale. Il est maintenu sans effort particulier avec une alimentation normale. Il varie selon les individus. Il se situe généralement dans une fourchette d’IMC (indice de masse corporelle) entre 20 et 25. Le corps tend à retourner vers ce poids naturel lors de la guérison, même s’il est supérieur au poids atteint pendant la maladie.

Un dépassement temporaire du poids cible (overshoot pondéral) survient parfois lors de la renutrition. Une prise de poids supérieure au poids de santé visé apparaît. Ce phénomène est généralement temporaire et ne dure que quelques mois. Le corps se stabilise ensuite à son poids d’équilibre naturel. Ce phénomène est anxiogène pour la personne, mais il est normal et prévisible.
Seuls les professionnels peuvent évaluer correctement si une prise de poids est appropriée et saine, si elle correspond aux objectifs thérapeutiques, ou si elle nécessite des ajustements du traitement. L’auto-évaluation est biaisée par les schémas de pensée propres à l’anorexique et ne peut donc pas être fiable.
L’impact psychologique de la prise de poids
La prise de poids, même thérapeutique et nécessaire, provoque souvent une détresse psychologique intense.
H3 : Réactions émotionnelles immédiates
La prise de poids déclenche souvent une réelle terreur. Une peur de « devenir énorme » apparaît. Une sensation de perte de contrôle totale s’installe. Une anxiété envahissante concernant chaque gramme se manifeste. Cette panique peut être paralysante et envahir toutes les pensées.
Des sentiments écrasants d’échec surviennent. Des pensées comme « J’ai échoué dans mon contrôle », « Je suis faible », ou « Je me suis laissé aller » dominent. Une honte du corps changé s’installe. Ces émotions toxiques peuvent déclencher une restriction compensatoire pour « rattraper » les grammes pris.
Distorsions perceptives et risques
La perception du corps se distord encore davantage. La personne se voit beaucoup plus grosse qu’elle ne l’est en réalité. Une focalisation obsessionnelle sur les zones ayant pris du poids se développe. Une incapacité totale à percevoir son corps de façon réaliste s’installe. Cette dysmorphie corporelle, c’est-à-dire une distorsion de l’image du corps, s’aggrave.
La prise de poids est un facteur majeur de rechute. Un retour aux comportements restrictifs se produit. Une augmentation de l’exercice physique compulsif revient, ainsi qu’une éventualité de pratiquer des purges. Un cercle vicieux de reprise-restriction-compulsion s’installe.
Un impact sur le bien-être émotionnel global se manifeste. Une aggravation de la dépression peut survenir. L’irritabilité augmente et l’isolement social se renforce. Des pensées suicidaires sont possibles dans les cas sévères.

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RDV d'information préalable RDV d'information préalableRésistance au traitement
La personne peut remettre en question le traitement. Des pensées comme « Ce traitement me fait grossir, je veux arrêter » apparaissent. Une méfiance envers l’équipe soignante se développe. Un sabotage du plan alimentaire se produit. Cette résistance complique considérablement le processus de guérison.
Stratégies pour gérer cette étape difficile
Des stratégies spécifiques aident à traverser cette phase difficile mais nécessaire du rétablissement.
Préparation et information
Anticiper et normaliser la prise de poids est essentiel. Une information préalable sur la nécessité de reprendre du poids est donnée à la personne. Une explication claire est fournie concernant les mécanismes relatifs à la rétention hydrique et à la redistribution corporelle qui caractérisent cette étape du processus de guérison. Une préparation mentale à cette phase qui doit être obligatoirement traversée, est soigneusement effectuée. Cette approche réduit l’effet de surprise et diminue l’anxiété.
Les modalités de pesée sont adaptées. La pesée est réalisée par un professionnel de santé. La personne se positionne dos tourné à la balance pour que le chiffre ne lui soit pas visible. Le poids est communiqué uniquement si c’est thérapeutiquement pertinent. Le focus est mis sur la santé globale plutôt que sur le chiffre. Cette approche réduit l’obsession du nombre de kilos sur la balance.
Travail psychologique et recentrage
Déconstruire les pensées dysfonctionnelles est crucial. Une remise en question de l’équation « prise de poids = catastrophe » est effectuée. Une distinction entre poids de santé et poids de maladie est établie. Une acceptation du poids naturel du corps est travaillée. Ce travail se fait en psychothérapie et dans le cadre des thérapies comportementales et cognitives (TCC).
Recentrer la personne sur les gains fonctionnels aide à élargir la perspective. Un retour de l’énergie se produit ainsi qu’une amélioration de la concentration. Une reprise des activités sociales devient possible. Un retour des règles chez les femmes signale la récupération de la santé reproductive. Une diminution de la frilosité constante survient. Ces améliorations concrètes sont aussi importantes que le poids lui-même.
Gestion émotionnelle et soutien
Des techniques de régulation émotionnelle sont enseignées. La respiration profonde et la relaxation musculaire produisent un effet apaisant. La pratique de la pleine conscience (mindfulness) permet d’observer les pensées sans y réagir. Une tolérance de l’inconfort sans réaction compulsive se développe. Une activité physique saine et modérée, donc non compensatoire, est encouragée.
L’accompagnement proposé par Oser le Changement avec la méthode A.N.C (Activation Neuronale du Changement) peut aider à gérer les émotions liées à la prise de poids et aux

changements corporels. Il s’agit d’un accompagnement complémentaire au suivi médical indispensable.
Le soutien social joue un rôle important. Des groupes de soutien entre pairs permettent le partage d’expériences. Un soutien familial informé et bienveillant est précieux. Le maintien du lien social évite l’isolement. Un entourage avec des proches bienveillants offre une présence rassurante sans focalisation constante sur le poids.
Comportements protecteurs et perspective
Limiter les comportements aggravants est recommandé. Les vérifications corporelles compulsives dans le miroir, et les comparaisons aux autres ou à « soi d’avant » doivent être évitées. L’accès aux réseaux sociaux montrant des corps prétendument parfaits est à limiter strictement. Tous ces comportements alimentent la dysmorphie et l’anxiété, c’est pourquoi ils doivent être abandonnés.
La patience et la compassion envers soi sont essentielles. Il est crucial de se reconnaître le droit d’être en détresse face aux changements corporels, et de pratiquer l’auto-compassion en remplacement de l’auto-critique destructrice. Les petites victoires sont à célébrer : un rappel constant que le corps trouve son équilibre sur le long terme aide à persévérer.
Le suivi médical rapproché sécurise le processus. Des consultations fréquentes sont programmées. Un ajustement du plan de traitement selon la réaction individuelle de la personne est réalisé en continu, associée à une vigilance constante aux éventuels signes de rechute. Des encouragements et une validation par l’équipe soignante sont donnés régulièrement.
La perspective à long terme est rappelée. Les fluctuations initiales de poids se normalisent avec le temps, et le métabolisme se réajuste progressivement. Le corps trouve son poids d’équilibre naturel. Cette stabilisation est une certitude : elle prend des mois, voire des années, mais elle se produit.
La prise de poids dans l’anorexie, qu’elle soit signe de guérison ou conséquence de cycles pathologiques, nécessite compréhension, accompagnement adapté et patience. Avec le soutien approprié de professionnels et de l’entourage, cette étape difficile peut être traversée et conduire à un rétablissement durable et à une réconciliation de la personne avec son corps
Source 1 : International Journal of Eating Disorders – Weight Restoration in Anorexia Nervosa – https://onlinelibrary.wiley.com/journal/1098108x
Source 2 : Academy for Eating Disorders – Weight Gain During Recovery – https://www.aedweb.org/

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