Polyradiculonévrite ou polynévrite alcoolique : comprendre l’atteinte des nerfs

Une précision s’impose d’emblée, car deux termes proches sont souvent confondus. L’atteinte des nerfs liée à la consommation d’alcool porte un nom précis : la polynévrite alcoolique, aussi appelée neuropathie alcoolique. La polyradiculonévrite, elle, désigne une autre maladie, d’origine inflammatoire, sans lien avec l’alcool. 

Cet article clarifie cette distinction, puis explique en détail l’atteinte réellement provoquée par l’alcool. Il complète notre dossier sur les maladies liées à l’alcool.

EN BREF
  • La polynévrite alcoolique est une atteinte des nerfs liée à l’alcool.
  • Elle peut provoquer des douleurs, des fourmillements ou des engourdissements.
  • Elle touche principalement les pieds et les jambes.
  • La polyradiculonévrite est une autre maladie, sans lien direct avec l’alcool.
  • Réduire ou arrêter l’alcool et consulter un médecin est essentiel.

 Deux termes à ne pas confondre

La confusion est fréquente, et il est utile de la lever pour bien comprendre de quoi l’on parle.

La polyradiculonévrite est une atteinte inflammatoire qui touche les racines des nerfs, à leur sortie de la moelle épinière. C’est le cas, par exemple, du syndrome de Guillain-Barré ou de sa forme chronique. Ces maladies relèvent d’un dérèglement du système immunitaire, et l’alcool n’en est pas la cause. Il n’existe donc pas, à proprement parler, de « polyradiculonévrite alcoolique ».

La polynévrite alcoolique, en revanche, existe bel et bien. C’est une atteinte des nerfs périphériques, ceux qui parcourent les bras et les jambes, provoquée par une consommation importante et prolongée d’alcool. C’est de cette maladie que nous allons parler, car c’est elle qui concerne les personnes en difficulté avec l’alcool.

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Qu’est-ce que la polynévrite alcoolique ?

La polynévrite alcoolique est une atteinte des nerfs périphériques, c’est-à-dire des nerfs qui transmettent les informations entre le cerveau et le reste du corps. Ces nerfs permettent de sentir (toucher, chaleur, douleur) et de commander les muscles.

Cette atteinte est typiquement symétrique : elle touche les deux côtés du corps de la même manière, et elle commence le plus souvent par les extrémités, les pieds d’abord, puis éventuellement les mains. Elle progresse ensuite vers le haut, en « chaussettes » puis en « gants ».

C’est l’une des complications neurologiques les plus fréquentes de l’alcoolisme chronique, et elle survient après une consommation importante et prolongée.

Pourquoi l’alcool abîme-t-il les nerfs ?

Deux mécanismes, souvent associés, expliquent cette atteinte.

D’une part, l’alcool exerce une toxicité directe sur les fibres nerveuses. Il abîme les nerfs eux-mêmes, ainsi que la gaine protectrice qui les entoure et qui permet la bonne transmission des messages nerveux. Les signaux circulent alors mal, d’où les troubles ressentis.

D’autre part, et c’est essentiel, l’alcool provoque des carences, en particulier en vitamine B1 (thiamine) et en d’autres vitamines du groupe B. Or ces vitamines sont indispensables au bon fonctionnement des nerfs. Leur manque, dû à une alimentation appauvrie et à une mauvaise absorption, aggrave considérablement l’atteinte. Notre article sur les carences liées à l’alcool détaille ce point.

C’est la combinaison de cette toxicité directe et de ces carences qui abîme progressivement les nerfs.

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Quels sont les symptômes ?

Les signes s’installent généralement de façon progressive, ce qui peut retarder le diagnostic. Ils touchent d’abord la sensibilité, puis parfois la force musculaire.

  • Des fourmillements et des picotements dans les pieds, puis parfois les mains.
  • Des engourdissements et une perte de sensibilité, avec la sensation de marcher sur du coton.
  • Des douleurs, parfois vives, à type de brûlures ou de décharges électriques, souvent plus marquées la nuit.
  • Une faiblesse musculaire, avec des difficultés à marcher ou à monter les escaliers dans les formes évoluées.
  • Des crampes et une fatigue des membres.
  • Des troubles de l’équilibre, liés à la perte de sensibilité des pieds.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques et peuvent avoir d’autres causes, notamment le diabète. Seul un médecin peut faire le diagnostic, souvent aidé d’un examen mesurant la conduction nerveuse.

 Un danger caché : la perte de sensibilité

Un aspect mérite une attention particulière. Quand les pieds perdent leur sensibilité, les blessures, brûlures ou frottements peuvent passer inaperçus. Une plaie non ressentie n’est pas soignée, s’infecte, et peut s’aggraver dangereusement.

C’est pourquoi les personnes atteintes de polynévrite doivent surveiller leurs pieds régulièrement, comme le font les personnes diabétiques, et consulter rapidement devant toute plaie. Ce point rejoint ce que nous expliquons dans notre article sur la gangrène et l’alcool.

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La bonne nouvelle : une atteinte largement réversible

Voici le message le plus important et le plus encourageant. Contrairement à certaines atteintes neurologiques, la polynévrite alcoolique est en grande partie réversible, à deux conditions.

La première est l’arrêt de l’alcool. C’est le socle absolu du traitement : sans cet arrêt l’atteinte continue de progresser, et aucune autre mesure n’est vraiment efficace.

La seconde est la correction des carences, notamment par une supplémentation en vitamine B1 et en autres vitamines du groupe B, prescrite par un médecin, associée à une renutrition.

Sous ces conditions, les nerfs peuvent se réparer. L’amélioration est progressive et demande de la patience, car les nerfs récupèrent lentement, souvent sur plusieurs mois. Elle est d’autant plus complète que la prise en charge est précoce : plus on agit tôt, plus la récupération est bonne. À un stade très avancé, certaines séquelles peuvent persister, ce qui souligne l’importance de ne pas attendre.

La prise en charge

Elle repose sur trois piliers : 

L’arrêt de l’alcool, encadré médicalement en cas de dépendance, car un sevrage brutal peut être dangereux. 

La supplémentation vitaminique, en particulier en B1, systématiquement prescrite. 

Le traitement des symptômes, notamment des douleurs neuropathiques, qui répondent à des médicaments spécifiques, différents des antidouleurs habituels.

À cela s’ajoutent une rééducation si nécessaire, la surveillance des pieds, et un suivi médical régulier.

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L’approche d’Oser le Changement

Quand les nerfs commencent à souffrir, l’arrêt de l’alcool devient une nécessité, et le temps compte. Pourtant, savoir qu’il faut arrêter ne suffit pas toujours pour y parvenir : la consommation s’appuie sur des automatismes profondément installés, qui résistent même à la crainte des séquelles.

L’accompagnement d’Oser le Changement, l’Activation Neuronale du Changement (A.N.C), s’adresse précisément à ces automatismes émotionnels, à travers plusieurs thérapies brèves, pour aider à installer un arrêt durable. Face à une atteinte neurologique, il s’inscrit en complément du suivi médical et neurologique, jamais à sa place. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre article sur comment soigner son addiction à l’alcool.

En conclusion

La « polyradiculonévrite alcoolique » n’existe pas : le terme exact est la polynévrite alcoolique, une atteinte des nerfs périphériques provoquée par la toxicité de l’alcool et les carences en vitamine B1. Elle se manifeste par des fourmillements, des douleurs et une faiblesse des extrémités. La bonne nouvelle est qu’elle est largement réversible, à condition d’arrêter l’alcool et de corriger les carences le plus tôt possible.

Chez Oser le Changement, nos praticiens A.N.C accompagnent les personnes qui souhaitent transformer durablement leur rapport à l’alcool, en complément d’un suivi médical adapté. Un premier échange est confidentiel et ne vous engage à rien.

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FAQ — Questions fréquentes

Existe-t-il une polyradiculonévrite alcoolique ?

Non. La polyradiculonévrite est une maladie inflammatoire des racines nerveuses, sans lien avec l’alcool. L’atteinte des nerfs due à l’alcool s’appelle polynévrite alcoolique, ou neuropathie alcoolique.

Quels sont les symptômes de la polynévrite alcoolique ?

Fourmillements et engourdissements des pieds puis des mains, douleurs à type de brûlures, faiblesse musculaire, crampes et troubles de l’équilibre. Les signes sont symétriques et débutent aux extrémités.

La polynévrite alcoolique est-elle réversible ?

En grande partie, oui, à condition d’arrêter l’alcool et de corriger les carences, notamment en vitamine B1. La récupération est progressive, sur plusieurs mois, et d’autant meilleure qu’elle est prise en charge tôt.

Comment savoir si mes troubles viennent de l’alcool ?

Seul un médecin peut le déterminer. D’autres causes, comme le diabète, donnent des symptômes semblables. Un examen mesurant la conduction nerveuse aide au diagnostic.

Pourquoi faut-il surveiller ses pieds ?

Parce que la perte de sensibilité empêche de ressentir une plaie ou une brûlure. Non soignée, celle-ci peut s’infecter et s’aggraver. Une surveillance régulière est indispensable.

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