Bromazépam et sevrage alcoolique : ce qu’il faut savoir avant et pendant le traitement
Vous avez entendu parler du bromazépam utilisé dans le cadre d’un sevrage alcoolique, ou bien votre médecin envisage de vous en prescrire. Ce médicament, plus connu sous son nom commercial de Lexomil, fait partie des traitements possibles pour accompagner l’arrêt de l’alcool.
Cet article explique son rôle, ses bénéfices, ses limites et les précautions à connaître. Pour explorer l’ensemble des options médicamenteuses, consultez notre dossier sur les médicaments du sevrage alcoolique.
- Le bromazépam peut être utilisé pendant un sevrage alcoolique.
- Il aide à réduire certains symptômes du sevrage.
- Son utilisation doit être encadrée par un médecin.
- Ce traitement a des limites et des précautions à respecter.
- Il existe d’autres médicaments selon les besoins du patient.
Le bromazépam, qu’est-ce que c’est ?
Le bromazépam appartient à la famille des benzodiazépines. Ce sont des médicaments qui agissent sur le GABA, un neurotransmetteur qui calme l’activité cérébrale. Concrètement, le GABA est le « frein » naturel du cerveau. Les benzodiazépines amplifient son action, ce qui produit des effets apaisants, anxiolytiques et parfois sédatifs.
Lexomil est la marque la plus connue du bromazépam en France. Il est commercialisé depuis plusieurs décennies. C’est un médicament soumis à prescription médicale obligatoire sur ordonnance sécurisée.
Pourquoi le prescrire dans le sevrage alcoolique ?
L’alcool agit lui aussi sur le système GABA. En consommation régulière, le cerveau s’adapte à cette stimulation artificielle et la considère comme la norme. Quand la consommation d’alcool est brutalement arrêtée, le frein GABA fait défaut, et le cerveau bascule dans un état d’hyperexcitabilité. C’est ce mécanisme qui provoque le syndrome de sevrage.
Les principaux symptômes du sevrage sont :
- Tremblements, transpiration excessive
- Anxiété intense, agitation
- Insomnie
- Nausées et troubles digestifs
- Et, dans les formes sévères, des crises convulsives ou un delirium tremens (état confusionnel grave avec hallucinations)
En se substituant temporairement à l’effet de l’alcool sur le système GABA, les benzodiazépines comme le bromazépam soulagent ces symptômes et préviennent les complications les plus graves. Elles sont aujourd’hui le traitement médicamenteux de référence pour le sevrage alcoolique, selon la Société Française d’Alcoologie.

Le bromazépam est-il vraiment le meilleur choix ?
Cette nuance mérite d’être posée. Les recommandations officielles favorisent généralement les benzodiazépines à demi-vie longue comme le diazépam (Valium) ou l’oxazépam (Seresta). Ces molécules restent plus longtemps dans l’organisme, ce qui permet une action plus douce et plus régulière.
Le bromazépam a une demi-vie intermédiaire (environ 20 heures). Il est plus court d’action que le diazépam, mais plus long que certaines autres molécules. En pratique, il est parfois prescrit, notamment :
- Quand le patient le tolère mieux qu’une autre benzodiazépine
- Quand il est déjà connu par le patient et utilisé pour traiter de son anxiété
- En relais d’une autre molécule
Le choix de la benzodiazépine appartient au médecin, qui l’adapte selon votre profil, vos autres traitements, votre âge, votre fonction hépatique.
Comment se déroule un sevrage avec bromazépam ?
C’est une décision et un suivi strictement médicaux. Quelques principes généraux sont à connaître.
1/ La prescription est encadrée : le médecin évalue d’abord la sévérité de votre dépendance et la nécessité d’un traitement médicamenteux. Tous les sevrages ne nécessitent pas de benzodiazépines.
2/ Les doses sont adaptées à votre situation : elles ne sont jamais standardisées. Plus la dépendance est ancienne et sévère, plus les doses initiales sont importantes.
3/ Les doses diminuent progressivement : l’objectif est de couvrir les premiers jours difficiles, puis de réduire pour arrêter le bromazépam en quelques jours, jusqu’à 2 semaines maximum.
4/ Une supplémentation en vitamine B1 (thiamine) est presque toujours associée pour prévenir une atteinte cérébrale liée à sa carence (encéphalopathie de Gayet-Wernicke).
5/ Le sevrage peut se faire en ambulatoire ou en hospitalisation : tout dépend de la sévérité de la dépendance et du contexte personnel. Notre article sur le sevrage alcoolique détaille ces deux modalités.
6/ Aucune auto-prescription : n’utilisez jamais du bromazépam restant d’une ancienne ordonnance pour gérer seul un sevrage. C’est dangereux.

Les risques à connaître
Le bromazépam est efficace mais comporte des risques réels qu’il faut connaître.
- La somnolence
Ce médicament endort. Toute conduite de véhicule et tout maniement de machine sont à éviter pendant le traitement.
- Les troubles de la mémoire
Il provoque une sensation de brouillard mental, des oublis, et parfois de la confusion, surtout chez les personnes âgées.
- La dépendance aux benzodiazépines
C’est probablement le risque le plus sous-estimé. Pris trop longtemps (au-delà de quelques semaines), le bromazépam crée à son tour une dépendance physique et psychologique. C’est l’une des raisons pour lesquelles la durée d’un traitement de sevrage alcoolique reste courte.
- Le syndrome de sevrage aux benzodiazépines
Si le bromazépam est arrêté brutalement après un traitement prolongé, des symptômes proches du sevrage alcoolique peuvent apparaître : anxiété, insomnie, parfois crises convulsives.
- L’interaction critique avec l’alcool
Mélanger bromazépam et alcool est très dangereux. Les effets dépresseurs sur le système nerveux se cumulent. Cela peut provoquer une dépression respiratoire, des troubles de la conscience, voire un coma. Une rechute pendant le traitement par bromazépam est donc particulièrement à risque.
- Les autres interactions
Pris avec des antidépresseurs, des antalgiques opioïdes, et certains antihistaminiques, le bromazépam peut amplifier des effets sédatifs. Toute prise d’autres médicaments doit être signalée au médecin prescripteur.
Pour qui c’est adapté, pour qui ça ne l’est pas
Plutôt adapté pour :
- Les sevrages légers à modérés, avec dépendance physique documentée
- Les patients qui n’ont pas d’antécédents de dépendance aux benzodiazépines
- Les sevrages encadrés par un suivi médical régulier
Moins adapté pour :
- Les sevrages très sévères qui nécessitent souvent une hospitalisation et d’autres molécules
- Les patients déjà dépendants aux benzodiazépines
- Les personnes âgées à cause du risque accru de confusion et de chutes
- Les patients ayant une insuffisance hépatique avancée
- Les patients ayant des antécédents d’apnée du sommeil sévère
Dans tous les cas, c’est le médecin qui décide.

Et après le sevrage ?
L’arrêt du bromazépam après les premiers jours doit lui aussi être progressif, par paliers décroissants. Il n’est jamais arrêté brutalement.
Pour la suite, d’autres médicaments peuvent être prescrits pour aider au maintien de l’abstinence ou à la réduction des envies : naltrexone, baclofène, acamprosate, disulfirame. Le bromazépam, lui, n’a pas vocation à accompagner l’abstinence à long terme.
Le suivi reste essentiel. Une prise en charge globale combine médecin, addictologue, psychologue, groupe d’entraide.
L’approche d’Oser le Changement
Les médicaments du sevrage sont utiles pour franchir la phase critique, mais ils ne transforment pas le rapport à l’alcool en profondeur. Sans travail sur les automatismes émotionnels qui maintenaient la consommation, l’abstinence reste fragile.
Chez Oser le Changement, l’Activation Neuronale du Changement (A.N.C) combine plusieurs thérapies brèves. Elle agit sur ces automatismes plutôt que sur la lutte volontaire. Elle s’inscrit en complément du suivi médical, jamais en remplacement. Elle s’avère particulièrement utile pour soutenir la sortie du sevrage et installer durablement l’abstinence.
Pour aller plus loin : comment soigner son addiction à l’alcool.
En conclusion
Le bromazépam est un médicament utile dans le contexte d’un sevrage alcoolique, à condition d’être prescrit par un médecin qui décide du dosage et de la durée spécifique pour chaque patient. Il soulage les symptômes du sevrage et prévient les complications graves. Cependant, il comporte ses propres risques tels que dépendance, somnolence, interaction critique avec l’alcool. C’est un outil, pas une solution à lui seul. Un sevrage réussi combine traitement médicamenteux, suivi addictologique et accompagnement psychologique.
Chez Oser le Changement, nos praticiens A.N.C accompagnent les personnes qui souhaitent installer durablement une abstinence, en complément du suivi médical. Un premier échange est confidentiel et ne vous engage à rien.
FAQ — Questions fréquentes
Peut-on prendre du bromazépam sans ordonnance ?
Non. C’est un médicament strictement sur ordonnance, et son automédication est dangereuse, en particulier dans le cadre d’un sevrage alcoolique.
Combien de temps dure un traitement par bromazépam dans un sevrage ?
En général, il dure de quelques jours à 2 semaines, le temps de couvrir la phase critique. Au-delà, le risque de dépendance aux benzodiazépines elles-mêmes augmente.
Peut-on boire de l’alcool en prenant du bromazépam ?
Non, jamais. Cette association est très dangereuse et peut provoquer des troubles de la conscience graves.
Quels sont les effets indésirables les plus fréquents ?
Somnolence, troubles de la mémoire et de la concentration, sensation de bouche sèche, parfois vertiges. Ils s’estompent généralement avec la diminution des doses.
Existe-t-il des alternatives au bromazépam ?
Oui, plusieurs. Le diazépam (Valium), l’oxazépam (Seresta), et d’autres benzodiazépines peuvent être prescrites. Le choix relève du médecin, en fonction de votre profil.
Que faire si je n’arrive pas à arrêter le bromazépam après le sevrage ?
Parlez-en à votre médecin. Un arrêt progressif par paliers, parfois accompagné d’autres traitements, est généralement possible. Ne tentez jamais d’arrêter seul une benzodiazépine prise depuis plusieurs semaines.

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